Coronavirus : C’est la reprise… Tous les écoliers et collégiens retournent en classe, à deux semaines des vacances

CARTABLE En tout, plus de 10 millions d’élèves sont attendus en classe ce lundi, mais les syndicats craignent un fort absentéisme, surtout chez les collégiens

20 Minutes avec AFP

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Une élève de maternelle (image d'illustration).
Une élève de maternelle (image d'illustration). — ISA HARSIN/SIPA

C’est la grande rentrée, la troisième de l’année… à quelques jours des grandes vacances. Ce lundi, tous les écoliers et collégiens sont appelés à revenir en classe, selon un souhait du gouvernement, qui espère que le plus d’élèves possible répondront à l’appel.

Depuis trois mois, de nombreux enfants n’ont jamais repris le chemin de l’école. Selon les derniers chiffres du ministère, seuls 1,8 million d’écoliers – sur un total de 6,7 millions – y sont retournés, mais rarement à temps complet. Au collège, ils sont 600.000 sur 3,3 millions.

Des appels à la confiance dans l’institution

Dimanche dernier, le président Emmanuel Macron a annoncé que la reprise se ferait ce lundi « de manière obligatoire et selon les règles de présence normale », à l’exception des lycées. Ce retour à la normale est possible grâce à l’allégement du protocole sanitaire, qui encadrait jusqu’à présent de façon très stricte les établissements.

Désormais, il n’y aura plus de règles de distanciation physique en maternelle. En élémentaire, une distance d’un mètre entre les élèves est simplement recommandée. Et au collège, quand elle n’est pas possible, les élèves devront porter un masque.

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a appelé ce dimanche les parents « à avoir confiance dans l’institution de l’Education nationale ». « Tout est fait pour que leurs enfants soient accueillis en sécurité », a-t-elle insisté.

Plus d’élèves, moins de contraintes

Plus tôt dans la semaine, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, qui espérait une reprise pour tous avant les vacances, a affiché l’objectif de faire revenir « le plus d’élèves possible ». En fonction des écoles, cela représentera huit ou neuf jours de classe avant les congés estivaux. « Deux semaines ce n’est pas rien, que ce soit sur le plan pédagogique et psychologique », a assuré le ministre.

Malgré un protocole allégé, cela n’empêchera pas des « difficultés d’accueil dans certains endroits », regrettent plusieurs syndicats. « On est épuisé par cette période d’ordres et de contre-ordres », grince le directeur d’une école de Rennes. « Même si on nous rajoute des élèves, on nous enlève des contraintes », se réjouit à l’inverse la directrice d’un groupe scolaire de la ville. « Cela va aller, même si maintenant il y a aussi toute la rentrée à préparer », ajoute-t-elle.

La crainte d’un absentéisme massif au collège

Pour de nombreux parents, éprouvés par des semaines de télétravail et d’école à la maison, c’est aussi le soulagement. « A la maison, ça a été compliqué depuis trois mois », témoigne Ghyslain Tinarage, père de deux enfants de 10 et 11 ans, scolarisés dans une école de montagne de Haute-Garonne. « Ils sont clairement mieux à l’école avec leurs copains, même pour deux semaines. Ça remet un peu de rigueur. Sinon ça leur ferait six mois de vacances et pour récupérer ça derrière, c’est compliqué ».

Malgré les messages rassurants du gouvernement et des autorités sanitaires, d’autres familles restent inquiètes et ne remettront pas leurs enfants à l’école lundi. Malgré le caractère obligatoire de cette reprise, le ministère a laissé entendre qu’il n’y aurait pas de sanctions envers les familles récalcitrantes.

L’absentéisme pourrait notamment être important parmi les collégiens, anticipe Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, premier syndicat des chefs d’établissement. « Les conseils de classe sont terminés, dans certains endroits les manuels ont été rendus », souligne-t-il. « De nombreuses familles ne prendront pas le risque de renvoyer leurs enfants au collège » pour cette reprise qui pourrait, selon lui, ne pas être « massive ».