Fête des pères : Une tribune de papas pour passer le congé paternité à trente jours au lieu de onze

DROITS Marlène Schiappa s’est déclarée favorable à un allongement de la durée du congé paternité au début du mois

Rachel Garrat-Valcarcel

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Un jeune papa avec sa fille, ici en 2002, lors de l'institution du congé paternité. (archives)
Un jeune papa avec sa fille, ici en 2002, lors de l'institution du congé paternité. (archives) — DIDIER PALLAGES / AFP

C’est le bon jour pour faire passer un message. Dix pères « engagés » ont, en ce dimanche de Fête des pères, lancé une tribune pour réclamer l’allongement du congé paternité. Depuis qu’il a été institué, en 2002, il est de onze jours (dix-huit pour les naissances multiples). Pas du tout assez pour les coauteurs de cette tribune qui veulent tout simplement passer cette durée à un mois. #UnMoisMinimum même, si on en croit le hashtag qu’ils ont lancé sur les réseaux sociaux pour promouvoir leur initiative.

« Onze jours, week-end inclus, c’est quand même une grande farce. Ce n’est pas du tout assez pour nouer un lien avec son bébé et soutenir la maman », a dit au Parisien Alexandre Marcel, créateur du blog « Papa plume ». Au-delà de la Fête des pères, ces papas « engagés » profitent aussi une d’une déclaration du début du mois de Marlène Schiappa. La secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité femmes-hommes s’est déclarée en faveur d’un allongement du congé paternité.

La France très en retard

Cette question est dans l’air en France depuis des années, comme celle de son éventuel caractère obligatoire. Aujourd’hui, d’après des données citées par Le Parisien, sept pères sur dix prennent effectivement ces jours, payés un pourcentage du salaire par la Sécurité sociale. Or, d’après l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) estime que sans un congé paternité plus important il est « peu probable » que des progrès soient faits en matière de « répartition des tâches au sein du couple » et d'« égalité professionnelle ».

Il faut aussi dire que la France est largement en retard sur ces voisins européens. En Espagne le congé sera long de seize semaines l’année prochaine, au Portugal le mois est désormais obligatoire. Dans les pays du nord de l’Europe, le congé peut durer plusieurs mois.