StopCovid : La Cnil confirme que l’application collecte plus de données que ce qui était prévu

LIBERTÉS INDIVIDUELLES L’application transfère les identifiants de toutes les personnes croisées par un utilisateur, et pas seulement celles qui se trouvent à moins d’un mètre pendant quinze minutes

20 Minutes avec agence

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StopCovid est l'application de traçage de la France, elle n'est pas concernée. (illustration)
StopCovid est l'application de traçage de la France, elle n'est pas concernée. (illustration) — RAPHAEL BLOCH/SIPA

StopCovid, l’outil de traçage numérique permettant de lutter contre la propagation du Covid-19, fait décidément beaucoup parler de lui. Selon les révélations d’un chercheur relayées par Mediapart, l’application collecterait plus de données par rapport à ce qui avait été initialement annoncé.

En mai dernier, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) avait validé une version de l’application qui n’est pas celle en circulation, rapporte Numerama. Le gendarme français des libertés individuelles n’avait alors pas tous les éléments en main.

La version actuelle n’a pas été étudiée

Un chercheur en cryptographie, Gaëtan Leurent, explique que l’application ne se contente pas de renvoyer à un serveur central les informations de deux personnes qui restent en contact à moins d’un mètre pendant plus de 15 minutes, comme le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, l’avait déclaré. Dans les faits, StopCovid renvoie des informations correspondantes à la totalité des personnes croisées par un usager.

« StopCovid envoie donc une grande quantité de données au serveur qui n’a pas d’intérêt pour tracer la propagation du virus, mais qui pose un vrai danger pour la vie privée », écrit le spécialiste. La Cnil n’a donc pas étudié la version actuelle de l’application. « L’algorithme permettant de déterminer la distance entre les utilisateurs de l’application reste à ce stade en développement et pourra subir des évolutions futures », pointait l’instance dans un avis rendu le 25 mai.

1,7 million de téléchargements

Interrogée par Numerama, l’instance confirme. « La Cnil a validé un dispositif où ne remontent au serveur central que les identifiants des personnes exposées, sur déclaration de la personne malade […] Les contacts à risque correspondent à une exposition de 15 minutes à moins d’un mètre », explique-t-elle.

Pour l’instant, seuls 1,7 million de téléchargements de StopCovid ont été comptabilisés en deux semaines, selon France Info. Un chiffre qui correspond à un peu plus de 2 % de la population française. De nombreux spécialistes s’accordent pour dire que l’application ne sera efficace que si elle est abondamment utilisée.