Déconfinement à Nice : Le confinement a ralenti le service des titres de séjour, et ça peut poser des problèmes

ETRANGERS Mails automatiques, déplacements en préfecture sur rendez-vous et à certaines conditions… En temps de crise sanitaire, les démarches sont un casse-tête pour les étrangers

Olfa Ayed

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Un service où sont traitées les demandes de titres de séjour (Illustration)
Un service où sont traitées les demandes de titres de séjour (Illustration) — © Fabrice ELSNER
  • En pleine crise sanitaire, certains services de l’Etat tournent au ralenti. Le renouvellement des titres de séjour pour les étrangers connaît des blocages administratifs à la préfecture des Alpes-Maritimes.
  • Si la situation commence à se débloquer, certains sont toujours sans titres et récépissés ce qui les empêche de trouver du travail ou encore de prétendre à des droits sociaux.

« J’ai envoyé mon dossier dans les temps. Je n’ai toujours pas de rendez-vous pour la remise du récépissé et pas de nouvelles de la préfecture, jusqu’à il y a trois semaines, un mail avec une réponse automatique », déplore Manuela*. Son titre de séjour a expiré en février. Sans ce document valide et sans récépissé attestant du traitement de son dossier, la jeune femme originaire d'Amérique Latine se retrouve bloquée.

Pourtant, pour « prendre de l’avance », elle raconte avoir commencé les démarches dès le mois de décembre 2019 à Nice. « Ça fait longtemps que je suis en France, je connais l’administration donc j’anticipe tout le temps. Quand j’ai envoyé une première fois le dossier en décembre, on me l’a renvoyé car il fallait changer un document. Je l’ai transmis à nouveau dans les temps et je n’ai toujours rien », explique-t-elle à 20 Minutes le 17 juin, soit presque six mois après l’envoi de son dossier.

« Ne pas avoir de réponse, c’est frustrant »

Mais entre-temps, le confinement a débuté en France le 17 mars pour limiter la propagation du nouveau  coronavirus, ce qui a ralenti les procédures administratives, notamment du côté du service de la préfecture en charge du renouvellement des titres de séjour. Une situation angoissante pour Manuela : « Avant la crise, je me suis déplacée à la préfecture. On m’a dit qu’il fallait attendre ». « Ne pas avoir de réponse, c’est ça qui est frustrant », insiste-t-elle.

« Au niveau administratif tout est en stand-by. Ce n’est pas revenu à 100 %. Pour se rendre à l’OFII [Office Français de l’Immigration et de l’Intégration] c’est sur rendez-vous et ce n’est pas simple d’en avoir… C’est au petit bonheur la chance », confirme Eric, médiateur et l’un des responsables de l’association Habitat Et Citoyenneté de Nice.

Sans titre de séjour, peu de droits

Sans titre de séjour valide ou de récépissé, certains droits sont retirés à ces étrangers. « Si on se fait contrôler, que se passe-t-il ? Ou pour trouver un travail ? J’ai de la chance d’être sous la protection sociale de mon mari mais les autres ? Normalement, j’ai mes droits aux chômages mais pour le moment je ne peux pas. Je ne me suis jamais retrouvée comme ça », explique encore Manuela, en France depuis plus de dix ans.

Du côté de la préfecture, certaines situations ont bien été prises en compte. Ceux dont la carte de séjour a expiré entre le 16 mars et le 15 juin, bénéficient d’une prolongation de leur titre de six mois. Pour les autres, pas encore de réponses. Les services de l’Etat dans les Alpes-Maritimes indiquent que des informations précises seront délivrées prochainement.

*Le prénom a été modifié à sa demande