Déconfinement en Bretagne : La SNCF casse les prix cet été pour remplir des trains encore trop vides

TRANSPORTS Des offres spéciales sont lancées pour inciter les voyageurs à revenir dans les TGV et TER

Camille Allain

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La gare de Rennes est encore bien déserte. Ici, le 18 juin 2020.
La gare de Rennes est encore bien déserte. Ici, le 18 juin 2020. — C. Allain / 20 Minutes
  • La région Bretagne et la SNCF s’inquiètent du manque de réservations de billets de train pour l’été.
  • De nombreux billets seront proposés à « petits prix » pour inciter les voyageurs à réserver en TGV ou en TER.
  • La région a estimé ses pertes de recettes à « environ 50 millions d’euros ».

Après trois mois passés quasiment à l’arrêt, les trains ont retrouvé une allure quasi normale ces derniers jours en France. Mais à bord, les voyageurs ne sont pas encore très nombreux. En Bretagne, les TER affichent une baisse de fréquentation de 70 % par rapport à un mois de juin classique. Les TGV font à peine mieux. « La reprise se fait à un rythme beaucoup trop lent à notre goût », lance Gérard Lahellec dans son habituel franc-parler. Le vice-président de la région Bretagne délégué aux transports ne cache pas son inquiétude face à la frilosité des voyageurs de retrouver le ferroviaire. A l’aube d’un été qui s’annonce très « franco-français », la région et la SNCF ont donc bouclé une offre de petits prix pour attirer.

« L’enjeu majeur, c’est d’avoir des voyageurs dans nos trains. Nous avons repris avec 15 % du service habituel. En une semaine, nous sommes déjà passés à 30 %. Ça progresse, ça frémit, et ils reviennent. Timidement, mais ils reviennent », constate Laurent Beaucaire, directeur de la SNCF en Bretagne. Réquisitionnée pour transporter des malades du Covid-19 au pic de l’épidémie, la société ferroviaire a bien du mal à retrouver ses clients habituels.

« On voit que nos voyageurs n’anticipent pas »

Le recours encore massif au télétravail limite les déplacements de ceux qu’on appelle « les pendulaires ». Mais ce qui inquiète la SNCF et la région, c’est le retard pris dans les réservations estivales. « D’habitude, à cette période, tous nos trains sont complets pour le 14 juillet. Là, il y en a quelques-uns mais ils ne sont pas nombreux, observe Christel Pujol-Araujo, directrice de TGV Bretagne. On voit que nos voyageurs n’anticipent pas. On pense que les réservations vont s’envoler une semaine avant. Mais on ne sait pas encore si on affichera complet ».

Pour séduire les Français, la SNCF a donc mis en place une gamme de « petits prix ». Un quart des places assises en TGV sera proposé à « moins de 49 euros » pour les trains à grande vitesse vers ou depuis la Bretagne. « Nous avons des offres à 16 euros pour des Paris-Rennes », cite la directrice régionale en exemple. Des billets à 5 euros seront également proposés les premiers samedis du mois à bord du réseau TER breton. Et les prix seront diminués de moitié pour les trains régionaux circulant le mardi, mercredi et jeudi. « Nous avons beaucoup travaillé pour que nos trains soient nettoyés, désinfectés. Nos clients peuvent être rassurés mais il nous faut les convaincre », estime Laurent Beaucaire. Au niveau national, de nombreuses promotions seront également proposées.

L’arrêt du trafic pendant le confinement et le redémarrage poussif que connaît le transport ferroviaire vont sans doute peser lourd dans les finances de la SNCF mais aussi dans celles de la région, qui subventionne largement le TER. « La reprise est timide et l’impact sera colossal pour les finances publiques », prévient Gérard Lahellec. D’après l’élu régional, les pertes de recettes sont estimées à 50 millions d’euros. L’État devrait prendre en charge la moitié de la facture. Reste à savoir qui compensera les 25 millions restant.