Aix-en-Provence : Une application met le shopping mode et local à portée de clic

HIGH-TECH Lancée par deux jeunes entrepreneurs sur le principe du « click and collect », Hoppins permet de visualiser les produits d’une vingtaine de boutiques du centre-ville d’Aix

Caroline Delabroy

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L'application permet de géolocaliser les produits de sa sélection dans les boutiques alentour. (Photo d'illustration)
L'application permet de géolocaliser les produits de sa sélection dans les boutiques alentour. (Photo d'illustration) — POUZET/SIPA
  • Deux jeunes entrepreneurs aixois veulent redynamiser les centres-villes.
  • Ils ont créé une application de shopping en ligne sur le principe du « click and collect », pour valoriser les boutiques indépendantes.
  • Après Aix-en-Provence le 24 juin, l’application sera opérationnelle sur Marseille le 30 juillet.

Ils en sont sûrs, ils tiennent un fil. Deux jeunes entrepreneurs aixois s’apprêtent à lancer leur application shopping «Hoppins » sur Aix-en-Provence, avant Marseille à la fin juillet. Vous cherchez la petite robe de l’été, le petit bracelet de couleur qui va bien, la dernière couleur à la mode ? Il suffit de télécharger l’ application (gratuite), d’accepter la géolocalisation, puis d’entrer le vêtement ou l’accessoire recherché et de choisir, images à l’appui, parmi la sélection des boutiques alentour. Sur le principe du « click and collect », vous aurez deux jours pour passer retirer votre commande en boutique.

Pour le moment, l’application regroupe à Aix une vingtaine de boutiques indépendantes. Cédric Villain, l’un des associés, espère rapidement monter en puissance. « Notre objectif est de ramener les clients en magasin et d’éviter la désertification des centres-villes. Les boutiques de créateurs, les commerçants indépendants ont beaucoup souffert du coronavirus, des gilets jaunes mais surtout de la mise en place des market place et des grandes enseignes qui ont un énorme pouvoir de communication », avance-t-il. D’où l’idée de proposer un service à ces boutiques, pour développer leur notoriété et les accompagner dans leur « transition digitale ».

« Je me dis que c’est une vitrine supplémentaire. »

L’application se devait ainsi d’être simple pour l’usager mais aussi le commerçant. « Cela demande d’être à l’aise avec l’outil informatique et très réactif, il faut pouvoir chaque semaine enlever les produits qui sont partis », relève Céline Assouline, créatrice de bijoux, qui tient la boutique atelier My Little Bijou dans une rue pas très passante du centre. Elle trouve l'appli réussie. « J’ai mis les produits que je vends le mieux, des petites créoles en mono boucle, des bracelets blancs. Il y a toujours la possibilité en boutique de choisir d’autres éléments, de personnaliser. » Elle qui utilise beaucoup Instagram y voit une complémentarité : « Je me dis que c’est une vitrine supplémentaire. A Aix, le bouche-à-oreille fonctionne très bien. Mais on a tous nos habitudes, la géolocalisation peut permettre de découvrir de nouveaux lieux. »

La réputation de Chewö Couture, la boutique du créateur Moustadira Adame, n’est plus à faire, mais lui aussi s’est laissé séduire par le projet. « C’est dans l’air du temps, c’est de la visibilité, continue-t-il. Il y a des gens qui n’osent pas pousser la porte, ils pensent que c’est hypercher, alors que je fais aussi du prêt-à-porter. Là, il y aura les prix. » De là à créer une concurrence entre commerçants ? Céline Assouline ne le pense pas : « On a tous nos spécificités, chacun nos produits. Dans ma rue, on est quatre boutiques de bijoux. Il y a du travail pour tout le monde. »

« On cherche des solidarités, assure Cédric Villain. Plus il y aura d’utilisateurs, plus ils pourront faire des ventes. Les plus grands concurrents, ce sont les grands magasins. » Sur chaque vente, l’application retient de façon classique une commission de 10 % (sauf durant la période de lancement, où elle sera de 5 %). Et l’abonnement pour le commerçant est de 25 euros par mois. Hoppins, sans le vouloir, peut aussi être une solution en cette période de déconfinement. « Notre solution est idéale pour permettre aux gens d’acheter en ligne et de passer moins de temps en boutique ». Un argument sanitaire en plus dans la pelote de la jeune équipe d’Hoppins, qui s’en va tisser d’autres liens à Marseille, où les commerces sont davantage disséminés en ville.