Bouches-du-Rhône : Au Château de la Barben, l’ambitieux projet « Rocher Mistral » veut attirer 300.000 visiteurs dès la première année

TOURISME Le jeune propriétaire du château, Vianney d’Alançon, a dévoilé un ambiteux projet autour de la culture provençale, qui devrait voir le jour à l’été 2021

Caroline Delabroy

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Le Château de la Barben en Provence devrait rouvrir aux visiteurs à l'été 2021
Le Château de la Barben en Provence devrait rouvrir aux visiteurs à l'été 2021 — DR
  • Vianney d’Alançon, qui a racheté le château de la Barben en décembre dernier, a dévoilé son ambitieux projet de parc culturel et environnemental sur ce site de 400 hectares.
  • Passionné d’histoire et de patrimoine, attaché aux traditions provençales, il souhaite lui-même écrire les scénarios des six spectacles permanents.
  • Comme au Puy-du-Fou, le spectacle nocturne fera appel à de nombreux bénévoles. Le projet espère aussi créer 200 emplois directs.
  • Après des travaux de restauration du château, l’objectif est d’ouvrir au public à l’été 2021.

A l’image des franches poignées de main qu’il échange avec les nombreux élus venus pour le dévoilement de son projet, le nouveau et jeune propriétaire du Château de la Barben (Bouches-du-Rhône), près de Salon de Provence, arbore un bel optimisme. La crise sanitaire liée au Covid-19 n’a pas freiné ses ambitions : Vianney d’Alançon, qui a racheté ce plus ancien château provençal en décembre dernier, entend ouvrir au public le domaine de 400 hectares dès l’été 2021. Et proposer à l’année pas moins de six spectacles par jour, dont une déambulation immersive dans le château et un spectacle nocturne en extérieur animé par des bénévoles.

Le projet, baptisé « Rocher Mistral » (de son roc, le château domine la vallée salonnaise), va débuter par des restaurations urgentes du toit et des terrasses du château : des infiltrations menacent plusieurs parties, en particulier les peintures de Marius Granet ou le boudoir de Pauline Borghèse. Il tient pour le moment sur des fonds uniquement privés. L’investissement est à hauteur de 30 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires « qui n’est pas finalisé », le ticket d’entrée devant osciller entre 15 et 20 euros. L’objectif, ambitieux, est de se calquer sur la fréquentation du site voisin, le zoo de la Barben, à savoir « entre 200.000 et 300.000 visiteurs dès la première année ».

Objectif : 200 emplois directs créés

S’il a déjà lancé un appel aux bénévoles sur le site du projet, Vianney d’Alançon réfute le terme de « Puy-du-Fou provençal », souvent accolé à ses ambitions. « Nous ne sommes pas dans une logique de parc d’attractions, mais dans celle d’un domaine d’authenticité, avance-t-il. On a une volonté de s’inscrire dans une démarche d’acteur social et solidaire. » Le projet entend ainsi créer 200 emplois directs et 200 indirects, liés au tourisme mais aussi à l’artisanat (le site doit comprendre un village provençal) et à l’environnement : des terrains vont notamment être replantés de vignes, oliviers, amandiers et autres pistachiers, un potager doit aussi être créé.

Reste que le volet culturel est l’élément phare du projet. « L’idée est de raconter la Provence, ses racines, son histoire, ses grands hommes », explique cet entrepreneur passionné d’histoire et de patrimoine. Comme à Saint-Vidal, en Haute-Loire, où il a racheté et restauré le château avec le soutien cette fois des collectivités locales, il entend lui-même écrire le scénario des spectacles. Il préside d’ailleurs l’association culturelle, la structure juridique chargée de porter les spectacles. Il ne cache pas ses influences, Frédéric Mistral, Alphonse Daudet, Marcel Pagnol. Avec une tendresse particulière pour le premier : « Mon grand-père était lié à Frédéric Mistral à titre personnel, confie-t-il. C’est quelque chose qui m’a beaucoup touché, c’est le garant de l’identité provençale. Le Félibrige [mouvement de défense du provençal], pour moi, c’est le cœur de la Provence. »

Le plan du projet du domaine de la Barben
Le plan du projet du domaine de la Barben - Rocher Mistral

« Le département sera à vos côtés »

On ne s’étonnera guère que le projet de « Puy du fou de Provence » figure au programme de la candidate LR à la mairie de Marseille, Martine Vassal, également présidente du conseil départemental. Le maire de Saint-Cannat et conseiller départemental Jacky Gérard lui a d’ailleurs transmis ce message : « Le département sera à vos côtés, dans les règles bien sûr juridiques, mais on essaiera de vous aider, lance-t-il devant un parterre d’élus et de partenaires. La présidente est derrière nous pour vous aider dans ce projet de manière très très concrète. » De son côté, Vianney d’Alançon « n’est pas contre les fonds publics ».

Bien loin de toute polémique, qu’il dit par ailleurs complètement ignorer - Le Monde, en 2017, avait révélé la proximité de Vianney d’Alançon avec l’évêque de Toulon, figure d’un courant catholique traditionaliste - le chef marseillais Gérald Passédat entend faire une légère infidélité à la mer Méditerranée et au Petit Nice. Il devrait ouvrir « deux pôles de restauration » au sein de « Rocher Mistral ». « Je ne suis pas là pour faire de la haute gastronomie mais me mettre au service de la gastronomie provençale, de la cuisine raisonnée, du potager… La cuisine que je vais faire ici transpirera la Provence, nous parlera de patrimoine. »

« Tout est allé très vite », confie un invité. A tel point que les accès au château restent une problématique. « Les parkings ne sont pas fixés, un bureau d’études travaille dessus », assure Vianney d’Alançon, alors que des riverains ont fait part de leurs inquiétudes sur la préservation des terres agricoles alentour. « Les parkings, c’est pourtant le commencement, si on ne peut pas accueillir les gens », continue en off notre invité, qui veut croire tout de même à ce projet porteur pour le territoire. « Un patrimoine comme celui-ci, cela demande à être dynamisé », se félicite de son côté Louis Pons, cogérant du zoo de la Barben. Il en sait quelque chose : le château a appartenu à sa famille pendant plus de cinquante ans.