Dijon : Des gendarmes mobiles et le Raid déployés après des expéditions punitives tchétchènes

VIOLENCES URBAINES Le calme est revenu lundi soir, après quatre jours d'« affrontements communautaires » qui ont laissé le maire « sidéré »

20 Minutes avec AFP

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Un véhicule calciné à Dijon, le 15 juin 2020, après trois jours de violences urbaines.
Un véhicule calciné à Dijon, le 15 juin 2020, après trois jours de violences urbaines. — Philippe DESMAZES / AFP

Des scènes de guérilla urbaine. Dijon a été de nouveau la proie de tensions lundi soir, les forces de l’ordre ayant dû disperser un attroupement d’hommes cagoulés et armés voulant défendre leur quartier après trois expéditions punitives menées par plusieurs dizaines de Tchétchènes au cours du week-end.

Alors que des gendarmes mobiles et des forces du Raid ont été envoyés en renfort et ont permis de ramener le calme vers 22 h, le secrétaire d’Etat Laurent Nunez a annoncé qu’il se rendrait en Bourgogne mardi. L’origine des incidents semble être l’agression, le 10 juin, d’un jeune Tchétchène par « un membre de la communauté maghrébine », avait indiqué le procureur de Dijon, Eric Mathais, dimanche.

Cent dix gendarmes mobiles et le Raid en renfort

Dans une ville peu habituée à ce genre de troubles, des dizaines de personnes armées de barres de fer et d’armes de poing, dont on ne sait si elles sont factices ou non, se sont rassemblées lundi dans le quartier sensible des Grésilles. Ces hommes cagoulés pour la plupart ont tiré en l’air, détruit des caméras de vidéoprotection et incendié poubelles et véhicules, ont indiqué à l’AFP des sources policières. L’intervention s’est terminée vers 22 h, ne laissant que quelques carcasses calcinées de poubelles et de véhicules dans le quartier redevenu calme. Quatre personnes ont été interpellées, selon la préfecture.

Un renfort d’un escadron de gendarmes mobiles, soit 110 militaires, avait été dépêché sur place. Vers 20 h 30, une quarantaine de CRS et des renforts de la brigade anticriminalité (BAC), ainsi que du Raid, sont intervenus afin de mettre fin aux violences. « Une centaine d’opposants » se trouvaient alors face aux forces de l’ordre, a indiqué à l’AFP le préfet de Côte-d’Or, Bernard Schmeltz. Selon lui, les personnes incriminées n’appartenaient pas à la communauté tchétchène, contrairement à ces trois derniers jours où plusieurs dizaines voire centaines d’entre eux s’étaient rassemblés dans le centre-ville de Dijon puis aux Grésilles pour y mener des attaques ciblées dans le cadre d’un apparent règlement de comptes. « Nous n’avons identifié aucune présence extérieure, ce sont des personnes originaires de Dijon », a assuré le préfet au sujet des personnes rassemblées lundi soir.

« On n’est plus en république », dénonce le maire de Dijon

Au micro de BFMTV, le maire de la cité des ducs, François Rebsamen, s’est dit « sidéré » par ces violences « inacceptables ». Selon lui, « il s’agit bien du tabassage dans le cadre d’un règlement de comptes, d’un jeune Tchétchène (…) et la communauté tchétchène est venue faire respecter elle-même son droit et sa loi du Talion. On n’est plus en république quand ça se passe comme ça », a martelé l’édile.

Dans la soirée, le ministère de l’Intérieur a jugé « inadmissibles » les « violents troubles à l’ordre public et les actes d’intimidation » de ces derniers jours, promettant « une réponse ferme ». Le procureur de Dijon, Eric Mathais, avait indiqué plus tôt lundi que « six blessés » avaient été enregistrés « au total dans trois épisodes successifs (vendredi, samedi et dimanche soir) ». Une enquête a été ouverte, « en particulier pour tentative de meurtre en bande organisée, dégradations, incitation à la violence », en cosaisine entre la police judiciaire et la sécurité publique.