Violences policières : Oui, les militants de Génération identitaire ont évité la garde à vue après leur interpellation samedi à Paris

FAKE OFF Des militants d’extrême droite du groupe Génération identitaires ont déployé une banderole en marge de la manifestation contre les violences policières à Paris

Aymeric Le Gall

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Des habitants d'un immeuble tentent de découper la banderole déployée par des militants d'extrême-droite, le samedi 13 juin 2020 à Paris.
Des habitants d'un immeuble tentent de découper la banderole déployée par des militants d'extrême-droite, le samedi 13 juin 2020 à Paris. — Thomas SAMSON / AFP
  • Samedi, en marge de la manifestation contre les violences policières à Paris, une dizaine de militants d’extrême droite appartenant au groupuscule Génération identitaire ont déployé une banderole « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc. White Lives Matter. »
  • Selon certains internautes, ceux-ci auraient été interpellés avant d’être rapidement remis en liberté, sans avoir été placé en garde à vue par les forces de l’ordre.

C’est l’une des images qui aura marqué la manifestation contre les violences policières organisée samedi à Paris à l’appel du collectif « Vérité et Justice pour Adama ». Alors que des milliers de personnes s’étaient réunies en début d’après-midi sur la place de la République, une dizaine de membres du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire se sont retrouvés sur le toit d’un immeuble afin d’afficher aux yeux de tous une banderole sur laquelle était inscrit ce message : « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc. White Lives Matter. »

Hués par la foule, ceux-ci sont restés une dizaine de minutes avant que la police, alertée par des habitants de l’immeuble, selon Le Parisien, ne monte pour les déloger. Selon des publications apparues à la fois sur Facebook et Twitter, les individus en question auraient été arrêtés par les forces de l’ordre avant d’être relâchés sans passer par la case « garde à vue » : « Arrestation d’un groupuscule d’extrême droite (Génération identitaire) – pas de menotte – selfie dans le fourgon de police – pas de GAV. Mais continuez à penser qu’il n’y a pas de traitement de faveur », écrit ainsi un internaute sur sa page Facebook. 20 Minutes fait le point.

Un utilisateur de Facebook a relayé l'arrestation des militants de Génération Identitaire le 13 juin 2020 à Paris.
Un utilisateur de Facebook a relayé l'arrestation des militants de Génération Identitaire le 13 juin 2020 à Paris. - Capture d'écrans

FAKE OFF

Certains membres de Génération identitaire ont eux-mêmes donné de leur nouvelle sur les réseaux sociaux, comme cette femme qui a posté sur sa story Instagram une photo du groupe, prise à l’en croire depuis l’intérieur d’un fourgon de la police quelques minutes après leur arrestation. Le cliché de ces neuf personnes, tout sourire, est accompagné de ces quelques mots : « Exfiltrés par la police, pas de GAV, petit selfie dans le fourgon ». Une autre, Emilie Jeanne, explique quant à elle avoir été « escorté[e] au commissariat avec [ses] camarades identitaires ». Ambiance colonie de vacances, donc…

Contactée par 20 Minutes, la préfecture de police de Paris explique qu'il ne s'agissait « pas d'une exfiltration » mais nous confirme en revanche « douze interpellations » en lien avec le déploiement de cette banderole.

De son côté, le parquet de Paris nous a confirmé ces informations, précisant que les douze membres de Génération identitaire n’avaient pas été placés en garde à vue mais simplement amenés au commissariat pour une vérification d’identité, avant d’être remis en liberté en milieu d’après-midi. « Il n'y a pas eu de garde à vue tout simplement car il n'y a pas eu d'infraction justifiant une telle procédure », précise une source policière à 20 Minutes

Interrogée par nos confrères de Checknews, la militante d’extrême droite citée plus haut s’est même dit étonnée d’avoir été libérée aussi rapidement : « Quand la police est venue nous chercher, des policiers nous ont dit que nous étions interpellés, mais par la suite nous avons finalement été libérés, ce à quoi nous ne nous attendions pas. »

23 personnes placées en garde à vue en marge de la manifestation

A sa sortie du commissariat, un troisième membre du groupuscule adepte des opérations médiatiques coup de poing (comme ici à l’encontre des migrants dans les Alpes, à la frontière franco-italienne) a lui aussi confirmé en vidéo les informations du parquet. « Si je fais cette petite vidéo, c’est pour vous dire qu’avec mes treize autres camarades, on vient de sortir du commissariat et finalement il n’y a pas eu de garde à vue, il n’y a pas eu de poursuites non plus. Donc voilà, on est contents », explique Johan Teissier.

Enfin, toujours selon le parquet de Paris, 23 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue (dont deux mineurs), en marge de la manifestation contre les violences policières.

Quant à la banderole en question, elle a fini par être découpée en partie par des habitants de l’immeuble, dont le balcon leur permettait d’accéder à la partie basse de celle-ci. Un peu plus tard, certains manifestants, dont un homme ayant escaladé l'immeuble à mains nues, ont terminé le travail en arrachant la banderole de Génération identitaire sous les vivats de la foule massée six étages plus bas.