Déconfinement : L’opposition étrille un discours de Macron « bouffi d’auto-satisfaction »

ALLOCUTION PRESIDENTIELLE Très remontées, les oppositions de tous bords ont fustigé la prise de parole présidentielle « passant sous silence les morts du Covid-19 et l’explosion du chômage »

20 Minutes avec AFP

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Une femme regarde sur un ordinateur l'allocution d'Emmanuel Macron, le 14 juin 2020.
Une femme regarde sur un ordinateur l'allocution d'Emmanuel Macron, le 14 juin 2020. — Vincent Loison/SIPA

Un « exercice d’autosatisfaction » en vingt minutes. Tout en annonçant une accélération du déconfinement, Emmanuel Macron a fait l’éloge dimanche de la gestion de la crise du coronavirus en France, dont selon lui « nous pouvons être fiers », un satisfecit qui a fait bondir l’opposition, à quinze jours des municipales.

Après avoir rapidement décrété le passage de toute la France métropolitaine en zone verte et la réouverture des bars et restaurants en Ile-de-France, le chef de l’Etat est longuement revenu lors de son allocution sur « un premier acte » dont les Français vont pouvoir « tourner la page », et pourtant marqué de bout en bout par une défiance généralisée face aux actions de l’exécutif.

Le président a ponctué son discours de phrases éminemment positives : « Nous n’avons pas à rougir de notre bilan. Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées par nos choix, par nos actions. » « Si nous pouvons rouvrir le pays, c’est parce qu’à chaque étape de l’épidémie chacun a pris sa part. » « Nous [avons] du ressort, de la ressource. Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays ».

Un discours « gonflé à l’hélium, déjà hors-sol »

Très remontées, les oppositions de tous bords ont aussitôt critiqué un « exercice d’autosatisfaction ». « Début surréaliste, E. Macron est content de la gestion de la crise. Il oublie que notre pays va accuser une mortalité par millions d’habitants très élevée et l’une des récessions économiques les plus violentes au monde », a réagi le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Toujours à droite, le député LR Olivier Marleix a épinglé un discours « gonflé à l’hélium, déjà hors-sol, passant sous silence les morts du Covid-19 et l’explosion du chômage », estimant que pour la première fois « un pilote, après avoir écrasé un avion, a l’occasion d’inviter les passagers à réembarquer ».

A gauche aussi, le chef de l’Etat a fait grincer des dents, notamment celles du Premier secrétaire du PS Olivier Faure. « Ce soir ce qu’on voulait entendre, c’était non pas de nous dire "j’étais formidable" pour le passé, mais qu’il nous dise comment on engage les Français sur la voie d’un redressement rapide », a-t-il attaqué.

Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, a, lui, dénoncé une « pluie de truismes, de mots volés et de poncifs » et un « bavardage gluant », estimant que le chef de l’Etat le « saoule », pendant que le député LFI Alexis Corbière a fustigé un « discours bouffi d’auto-satisfaction ».

« Cette auto-satisfaction crée une distance entre les Français et lui », a estimé Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, à l’opposé du « nous » proposé par Emmanuel Macron dimanche soir.