Déconfinement et manifestations antiracistes : Ce qu'il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron

ALLOCUTION PRESIDENTIELLE Le président de la République s’est adressé aux Français ce dimanche soir pour « tourner la page du premier acte de la crise du Covid-19 », et pour aborder les récentes manifestations contre le racisme et les violences policières

F.P.

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Déconfinement: Ce qu'il faut retenir de l'allocution d'Emmanuel Macron — 20 Minutes
  • Le président de la République s’est exprimé vingt minutes devant les Français ce dimanche soir, d’abord pour annoncer la suite du déconfinement.
  • « Les crèches, les écoles, les collèges se prépareront à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves, de manière obligatoire », a-t-il notamment annoncé.
  • Emmanuel Macron a eu aussi un mot sur les récentes manifestations contre le racisme et les violences policières, assurant que la République « n’effacera aucune trace de son histoire », ni « ne déboulonnera aucune statue ».

Vingt minutes de discours. Emmanuel Macron a fait relativement bref, ce dimanche soir, pour son allocution télévisée qui visait à faire le bilan de la crise sanitaire due au Covid-19 et à tracer les grandes lignes pour la suite. Sans oublier de revenir sur la dégradation du climat social, marqué par une série de manifestations contre le racisme et les violences policières.

20 Minutes vous compile ce qu’il faut retenir de son intervention.

Accueil obligatoire des élèves à partir du 22 juin. C’est la grande annonce de la soirée. « Dès demain [lundi], en Hexagone comme en outre-mer, les crèches, les écoles, les collèges se prépareront à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves, de manière obligatoire et selon les règles de présence normale », a indiqué en tout début de discours Emmanuel Macron.

Depuis le début du déconfinement, le protocole sanitaire très strict imposé aux établissements scolaires ne permettait d’accueillir que 15 élèves maximum par classe en primaire. Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer estimait à « plus de 50 % » la proportion d’élèves qui avaient pu retourner à l’école, mais parfois une seule journée par semaine. Un chiffre tombant à 30 % pour les collégiens qui ont repris le plus souvent partiellement.

Les visites dans les Ehpad autorisées. « A partir de demain, nous allons pouvoir tourner la page du premier acte de la crise que nous venons de vivre », a estimé Emmanuel Macron. « Dès demain, tout le territoire, à l’exception de la Guyane et de Mayotte, où le virus circule encore activement, passera dans ce qu’il est convenu d’appeler désormais la zone verte », a précisé le président, en détaillant plusieurs mesures actant ce retour à la normale. Notamment la réouverture des cafés et restaurants en Ile-de-France ou encore la possibilité, dès ce lundi toujours, de se déplacer entre les pays européens. Les visites devront aussi être désormais autorisées dans les maisons de retraite, a indiqué Emmanuel Macron. Les rassemblements, « principales occasions de propagation du virus », devront quant à eux être encore évités au maximum, a précisé le chef d’État. « Ils resteront très encadrés », ajoute-t-il, tout en rappelant que le second tour des municipales pourra bien se dérouler le 28 juin dans les communes concernées.

« Nos faiblesses, nous les corrigerons vite et fort ». Au-delà de détailler le chemin après cette « première bataille gagnée contre le coronavirus », Emmanuel Macron a aussi souhaité tirer « toutes les leçons » de la crise sanitaire, assurant que « nos forces nous les conforterons, nos faiblesses, nous les corrigerons vite et fort ».

« Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays, a poursuivi le président. Bien sûr cette épreuve a aussi révélé des failles, des fragilités : notre dépendance à d’autres continents pour nous procurer certains produits, nos lourdeurs d’organisation, nos inégalités sociales et territoriales. Je veux que nous tirions toutes les leçons de ce que nous avons vécu, a déclaré le président de la République. Au total, nous avons mobilisé près de 500 milliards d’euros pour notre économie, pour nos travailleurs et pour les plus précaires. »

Une nouvelle allocution en juillet. Cette fois-ci, il s’agira de préciser un « nouveau chemin » et « lancer les premières actions ». « Nous avons devant nous des défis historiques, a indiqué Emmanuel Macron, qui a promis un « investissement massif pour l’instruction, la formation et les emplois de la jeunesse. Nous le lui devons, nous lui avons tant demandé durant cette période, elle va encore avoir un été et une rentrée difficiles et c’est elle qui porte la dette. Notre priorité absolue est d’abord de reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire. »

« La République n’effacera aucune trace de son histoire ». C’est une autre phrase forte du discours d’Emmanuel Macron ce dimanche soir. Le président de la République n’a pas pu ne pas évoquer les manifestations contre le racisme et les violences policières aux Etats-Unis, mais aussi en France. « La République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire », a prévenu le président de la République en référence aux monuments liés à l’histoire coloniale ou la traite esclavagiste récemment dégradés ou déboulonnés. La France « ne déboulonnera pas de statues », a dit fermement Emmanuel Macron.

Les policiers et gendarmes « méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation », a poursuivi Emmanuel Macron, en réaction aux manifestations des forces de l’ordre accusées de racisme et de violences. « Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité, ni liberté, a-t-il déclaré. Cet ordre, ce sont les policiers et gendarmes sur notre sol qui l’assurent. Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom. »