Coronavirus en Bretagne : Un projet d’usine de masques sur le point de sortir de terre

ECONOMIE L’homme d’affaires libano-suisse Abdallah Chatila a signé une promesse de vente pour racheter l’ancien site de Chaffoteaux à Ploufragan

J.G. avec AFP

— 

L'usine de fabrication de masques de Plaintel, ici photographiée en 2003, a fermé en 2018.
L'usine de fabrication de masques de Plaintel, ici photographiée en 2003, a fermé en 2018. — Maisonneuve / SIPA

Une usine de masques sanitaires va bientôt renaître en Bretagne. Une promesse de vente vient d’être signée entre l’homme d’affaires libano-suisse Abdallah Chatila et le groupe immobilier Bleu Mercure pour le rachat de 25.000 m² de surface bâtie dans la zone d’activité de Ploufragan (Côtes-d’Armor), où se trouve l’ancienne usine Chaffoteaux-et-Maury, fermée en 2013. Abdallah Chatila envisage de créer une usine de masques FFP (1, 2 et 3) et d’équipements de protection sanitaire d’ici fin 2020. « Soutenu par un investissement de 20 millions d’euros, le projet table sur la production de 250 millions de masques par an et la création de 150 emplois », indique dans un communiqué Bleu Mercure.

La pénurie de masques pendant la crise du Covid-19 avait remis en lumière l’histoire singulière de l’usine de Plaintel, à moins de 10 kilomètres de Ploufragan, que son propriétaire américain Honeywell avait fermé dans l'indifférence générale en 2018. Dotée d’une capacité de production de plus de 200 millions de masques en 2010, elle était la seule usine de production en France en 2005.

Une autre usine coopérative en projet

Abdallah Chatila, homme d’affaires de 46 ans, né à Beyrouth dans une famille de joailliers chrétiens, a fait fortune dans les diamants et l’immobilier à Genève. Pour ce projet il s’est allié avec l’ancien directeur de l’usine (1991-2003) Jean-Jacques Fuan, qui participait jusqu’alors à un autre projet de relance sous forme de coopérative.

Les intentions d’Abdallah Chatila avaient suscité les critiques de l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires des Côtes-d’Armor, qui redoute que « l’histoire ne se répète » et soutient le projet de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), accompagné par l’ancien secrétaire d’État (EELV) Guy Hascoët. Selon un collectif qui a lancé une pétition pour soutenir ce projet de taille plus modeste (20 millions de masques par an), il devrait voir le jour dans la zone industrielle de Grâces près de Guingamp.