Violences policières : La manifestation bloquée à son point de départ et perturbée par des militants identitaires

RACISME A l’appel du collectif Adama Traoré, des milliers de manifestants se sont réunis place de la République à Paris samedi après-midi

B.Ch. avec AFP

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Violences policières: La manifestation bloquée puis perturbée par des militants identitaires — 20 Minutes

Les milliers de manifestants contre le racisme et les violences policières, réunis samedi après-midi à Paris, étaient bloqués par les forces de l’ordre au point de départ, la place de la République, qu’ils prévoyaient de quitter à 14h30 pour défiler jusqu’à l’Opéra. « Les personnes qui le souhaitent peuvent quitter la place par tous les axes à l’exception du boulevard Saint-Martin et (de la) rue du Temple », a twitté à 15h30 la Préfecture de police de Paris.

Vendredi, dans un communiqué, le Préfet de police avait rappelé que les rassemblements de plus de 10 personnes étaient interdits, mais il avait annoncé avoir demandé la fermeture des commerces sur le trajet de la manifestation. « Pour mémoire, la manif n’est pas déclarée et le décret du 31 mai interdit les rassemblements de plus de 10 personnes », a expliqué une source policière à l’AFP.

Incompréhension et colère

Place de la République, de nombreux manifestants exprimaient leur incompréhension : « C’est n’importe quoi, pourquoi le préfet change d’avis comme ça ? », s’interroge Samira, 24 ans, venue de Pontoise (Val-d’Oise). « Ils veulent créer des tensions on dirait alors qu’on est pacifique. Moi je vais rester à continuer à chanter et manifester », poursuit-elle.

Estimant que c’était « odieux » comme façon de procéder, Jean-Luc Mélenchon a demandé depuis la place de la République à ce que l’on « laisse les gens se déplacer ». « C’est une façon d’entretenir en France un climat très malsain où tout le monde se regarde en biais », a-t-il dit.

Une banderole raciste

Par ailleurs, des militants identitaires d’extrême droite ont perturbé la manifesation en faisant irruption sur le toit d’immeubles jouxtant la place de la République. Equipés de fumigènes bleus, blancs et rouges, les militants ont brièvement déployé une banderole dénonçant le « racisme anti-blanc » avant que celle-ci ne soit déchirée par des manifestants, sous les applaudissements de la foule.

Le rassemblement est organisé à l’appel du comité Adama Traoré, du nom du jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes en région parisienne.

Assa Traoré, la sœur du jeune homme et figure du comité, a appelé à marcher pour « dénoncer le déni de justice, pour dénoncer la violence sociale, raciale, policière », réclamant à nouveau la mise en examen des gendarmes impliqués dans l’interpellation de son frère.