Coronavirus : La consommation de somnifères et de tranquillisants en hausse à la fin du confinement

SOMMEIL Dur dur les nuits pour les Français en ce moment

J.-L.D. avec AFP
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Des somnifères, illustration.
Des somnifères, illustration. — Loic Venance AFP

Ah, cette terrible sensation quand les paupières sont lourdes mais qu’on n’arrive pas à dormir, cloué au lit dans une insomnie sans raison, avec le cerveau qui carbure vitesse grand V et qui analyse toute notre vie (oui ça nous est arrivé récemment, ça se voit tant que ça ?)… La consommation de somnifères et de tranquillisants a augmenté en France à la fin du  confinement et juste après sa levée, ce qui est vraisemblablement lié à « l’anxiété » provoquée par l’épidémie de Covid-19, selon un rapport officiel publié ce vendredi.

Parmi la cinquantaine de classes de médicaments étudiés, les hypnotiques (couramment appelés somnifères) sont ceux dont la consommation a le plus augmenté lors de la première semaine après la levée du confinement le 11 mai (+6,9 % par rapport au niveau attendu, estimé sur la base de la même période en 2018 et 2019).

Les antidépresseurs n’ont eux pas connu de hausse

Cette hausse se montait à +8 %, +8 % et +5 % pendant les trois dernières semaines du confinement. Même constat, mais à un degré moindre, pour les anxiolytiques (tranquillisants), avec +1,2 % juste après le confinement. « Comme plusieurs enquêtes le soulignent, le confinement et ses conséquences sociales, professionnelles et économiques ont pu engendrer des troubles du sommeil et de l’anxiété », pointent les auteurs du rapport, publié par l’Agence du médicament (ANSM) et l’Assurance maladie.

En revanche, cette hausse juste après le confinement n’a pas concerné les antidépresseurs. Autre enseignement de ce rapport, la « forte baisse » du démarrage de traitements pour de nouveaux patients dans plusieurs maladies (-39 % pour les antihypertenseurs, -48,5 % pour les antidiabétiques et -49 % pour les statines).

La médecine générale en baisse

« Ces baisses correspondaient à plus de 100.000 patients hypertendus, 37.500 diabétiques et 70.000 personnes relevant d’un traitement par statines », selon le rapport. « Ces observations corroborent le déficit de diagnostics d’infarctus et d’AVC durant le confinement, mais aussi la très forte diminution de l’activité de médecine générale hors Covid-19 et ce malgré le développement des téléconsultations », soulignent les auteurs.

Autre conséquence du confinement, la « très forte diminution de la délivrance de produits nécessitant une administration par un professionnel de santé ». Elle avait déjà été relevée dans le précédent volet du rapport, le 4 mai. Ce rapport, le troisième depuis le début de l’épidémie, est réalisé par Epi-phare, structure réunissant l’ANSM et l’Assurance maladie.

Il se base sur les chiffres de dispensation sur ordonnance en pharmacie de médicaments remboursés par la Sécu, pendant les huit semaines de confinement et la première semaine post-confinement. Cela représente 725 millions d’ordonnances.