Violences policières : « Un mouvement d’humeur qui s’apaisera », estime Nicole Belloubet à propos des manifestations de policiers

MANIFESTATION Alors qu’ils étaient reçus cette semaine par Christophe Castaner, plusieurs syndicats de policiers ont manifesté ce vendredi pour exprimer leur mécontentement

20 Minutes avec AFP

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Entre 100 et 200 policiers rassemblés devant la préfecture de police de Bobigny pour denoncer la recente prise de position de Christophe Castaner.
Entre 100 et 200 policiers rassemblés devant la préfecture de police de Bobigny pour denoncer la recente prise de position de Christophe Castaner. — Gabrielle CEZARD / BRST/SIPA

« J’imagine que c’est un mouvement d’humeur qui s’apaisera », a estimé ce vendredi matin Nicole Belloubet. Au lendemain de nombreuses manifestations de policiers pour dénoncer les propos de leur ministre, la garde des Sceaux Nicole Belloubet était interrogée sur Franceinfo sur cette mobilisation en réaction aux propos de Christophe Castaner tenus lundi sur  une tolérance zéro pour des faits de racisme dans la police.

« Il ne faut ni déni ni systématisme » dans le traitement de cette crise de confiance a assuré la ministre de la Justice, réaffirmant que le racisme était « totalement antinomique avec la République » avant d’ajouter avoir « totalement confiance en la police ».

« Quand il y a des faits graves, on peut suspendre quelqu’un à titre préventif, en attendant la sanction disciplinaire. (…) Ce n’est pas propre à l’institution policière. C’est une pratique destinée à protéger nos concitoyens, à protéger les usagers de la fonction publique », a poursuivi Nicole Belloubet en référence à la suspension d’un agent en cas de «soupçon avéré» de racisme annoncée par son collègue de l’Intérieur.

Reçus par Macron ?

Des déclarations qui ne passent toujours pas chez les policiers malgré les réunions qui se succèdent place Beauvau. Plusieurs syndicats de police ont à nouveau manifesté ce vendredi matin à Paris en voitures de l’avenue des Champs-Elysées vers le ministère.

Ils demandent à être désormais reçus par le président de la République. « Il n’y a pas que le ministre de l’Intérieur (…) On est venu dire au président Macron qu’il doit soutenir, respecter, considérer sa police. La police n’est pas raciste, la police est républicaine, elle ne choisit pas sa délinquance, elle ne choisit pas la couleur de la délinquance et elle sauve des vies quelle que soit la couleur de la peau de l’individu », a déclaré à la presse Fabien Vanhemelryck, le secrétaire général du syndicat Alliance.

« Dans un moment de crise comme celui-là, les présidents des deux précédents quinquennats nous ont reçus. J’espère que le président Macron nous entendra car cela dépasse largement le cadre du ministère de l’Intérieur. C’est au président de la République de s’emparer de ce dossier », a poursuivi Philippe Capon de l’Unsa, pointant une « stigmatisation » des policiers.