Bretagne : « Restez chez vous cet été »… La région compte sur ses habitants pour relancer le tourisme

TOURISME Pilier de l'économie bretonne, le secteur touristique a déjà enregistré plus d'un milliard d'euros de pertes depuis le début de la crise du coronavirus

Jérôme Gicquel

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Pour attirer des touristes, la Bretagne peut compter sur la beauté de la côte de Granit Rose comme ici à Trégastel.
Pour attirer des touristes, la Bretagne peut compter sur la beauté de la côte de Granit Rose comme ici à Trégastel. — C. Allain / 20 Minutes
  • Pilier de l’économie bretonne, le secteur touristique espère sauver les meubles cet été.
  • Dans le contexte de crise sanitaire, le tourisme sera de proximité et les élus espèrent que les locaux en profiteront pour redécouvrir la région.
  • La région Bretagne lance également une campagne de communication axée sur le slow tourisme afin de capter une clientèle en quête de nature et de calme.

« Le dépaysement proche de chez vous ». A défaut de destinations exotiques et lointaines, les Bretonnes et les Bretons sont invités à passer l’été à la maison. Les élus comptent en effet beaucoup sur les locaux pour relancer une activité touristique à l’arrêt depuis le début de la crise du Covid-19. A quoi bon voyager d’ailleurs puisque l’on a « la plus belle région du monde », estime Loïg Chesnais-Girard.

La boutade du président de région cache pourtant mal les inquiétudes qui pèsent sur toute une filière, qui représente 10 % du PIB breton. Mi-avril, le Comité régional du tourisme (CRT) avait déjà chiffré les pertes à près de 800 millions d’euros pour les acteurs du tourisme, l’un des piliers de l’économie bretonne. Elles s’élèvent désormais à « environ 1,2 milliard d’euros », selon Anne Gallo, vice-présidente de la région chargée du tourisme. Et la facture pourrait être encore plus salée si les touristes ne sont pas au rendez-vous cet été.

Une campagne de com' axée slow tourisme

Si on sera loin des 100 millions de nuitées enregistrées ces dernières d’années, les élus se montrent toutefois plutôt optimistes. Car la Bretagne a des atouts, selon eux, pour séduire ses propres habitants. « Il y a encore plein de petits coins qui sont encore ignorés des Bretons », assure Anne Gallo. L’élue espère aussi capter les familles et les jeunes actifs en quête de calme et de nature, deux critères qui seront très recherchés pour cet été inédit. « On a quand même une diversité de paysages incroyable avec de grands espaces pour se ressourcer et vivre des choses essentielles », indique-t-elle.

La région lance une nouvelle campagne de communication avec pour slogan
La région lance une nouvelle campagne de communication avec pour slogan - Comité régional du tourisme de Bretagne

C’est d’ailleurs sur ce concept de slow tourisme que la région Bretagne veut surfer à travers sa nouvelle campagne de communication qui vante son patrimoine naturel et culturel, sa gastronomie, son bord de mer et ses diverses activités (randonnée, vélo, nautisme). Elle fait la part belle aux jeux de mots (Kerlifornie, Caraibzh, Galapagozh…) afin de vanter le côté singulier de la région. « La Bretagne est sûre d’elle, sans être fière et arrogante, souligne Loïg Chesnais-Girard. Elle ose se moquer d’elle-même et connaît ses atouts et ses faiblesses. »

Il faudra faire sans les Britanniques

Dans l’espoir d’un été radieux, la Bretagne devra tout de même faire sans une partie de sa clientèle étrangère qui pèse 17 % des nuitées. Conséquence du Covid mais aussi du Brexit, l’absence des Britanniques, première clientèle étrangère en Bretagne, devrait ainsi se faire sentir.

« Mais on voit que les Belges et les Allemands ont l’air de revenir », indique Anne Gallo, espérant aussi que les Bretons n’auront pas trop des envies d’ailleurs après le confinement.