Saint-Etienne : Le directeur de l’école d’architecture reconnaît « des actes racistes inadmissibles »

POLEMIQUE Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) s’est insurgé lundi contre des épisodes de « blackface » et le port d’un déguisement du Ku Klux Klan chez des étudiants de l’ENSASE

J.Lau.
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Photo d'illustration de tenues historiques du Ku Klux Klan, ici exposées en 2018 dans un institut d'art contemporain de Richmond (Etats-Unis)
Photo d'illustration de tenues historiques du Ku Klux Klan, ici exposées en 2018 dans un institut d'art contemporain de Richmond (Etats-Unis) — Steve Helber/AP/SIPA
  • L’école nationale supérieure d’architecture de Saint-Etienne est pointée du doigt par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) depuis lundi pour le comportement de certains de ses étudiants.
  • Le directeur de l’ENSASE tente de dégonfler la polémique, ce jeudi dans Le Progrès, en évoquant « des actes racistes inadmissibles » lors d’une soirée étudiante datant de 2019.

L’école nationale supérieure d’architecture de Saint-Etienne (ENSASE) est dans le viseur du Conseil représentatif des associations noires (Cran) depuis lundi. Sont en cause plusieurs photos et vidéos circulant récemment sur les réseaux sociaux, avec notamment des élèves de cette école portant un accoutrement du Ku Klux Klan ou se grimant le visage en noir. « Plusieurs lanceurs d’alerte nous ont informés d'infâmes comportements au sein même de cet établissement réputé, pointe Ghyslain Vedeux, président du Cran. Nous avons tout de suite apporté notre soutien aux victimes qui nous ont contactés face à des actes racistes répétés. »

Le Cran, qui annonce avoir saisi le défenseur des droits dans le cadre de cette affaire, réclame notamment « l’expulsion immédiate et sans délai des auteurs de ces actes racistes » ainsi que « le renvoi du personnel administratif des instances n’ayant pas réagi à ces actes racistes pourtant plusieurs fois signalés ».

« Nous avons une responsabilité éducative »

Directeur de l’ENSASE (600 étudiants), Jacques Porte a décidé de réagir à ces accusations, ce jeudi dans Le Progrès. Celui-ci indique que les faits évoqués remontent uniquement à une soirée ayant eu lieu en février 2019 dans l’école stéphanoise. « Un étudiant a bien fait un ''blackface'' et nous avons pris très au sérieux cette affaire, explique-t-il. Ces actes racistes sont inadmissibles. » Le directeur assure avoir dès 2019 « condamné ces actes par mail » et ne mentionne pas d’autres épisodes de racisme en lien avec l’ENSASE.

Une charte pour l'égalité et la lutte contre les discriminations a depuis été établie, en octobre 2019, par l’association étudiante organisant les fêtes de cette école. « L’étudiant concerné a été convoqué avec un rappel à l’ordre strict », précise également Jacques Porte, qui annonce la mise en place d’un conseil d’administration exceptionnel « pour progresser sur ces questions de liberté et d’égalité ». « Nous avons une responsabilité éducative face à ces attitudes de racisme », conclut-il.