Violences policières : Castaner reçoit les syndicats policiers jeudi et vendredi

TENSIONS Les syndicats s’inquiètent après les déclarations du ministre qui a prôné lundi la « tolérance zéro » contre le racisme dans la police, et interdit plusieurs techniques d’interpellation

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'une patrouille de police, ici à Rennes.
Illustration d'une patrouille de police, ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner reçoit jeudi et vendredi à tour de rôle les syndicats de police pour tenter de calmer leur colère après ses déclarations lundi sur les violences policières, a-t-on appris auprès des organisations syndicales.

« Écœurement », « sentiment d’abandon », « fébrilité au sommet de l’Etat » : tous les syndicats, allant des gardiens de la paix aux officiers aux commissaires, s’inquiètent après les déclarations du ministre qui a prôné lundi la « tolérance zéro » contre le racisme dans la police et interdit plusieurs techniques d’interpellation.

« Comme si on nous avait mis un coup de poing au foie »

Mercredi, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, les a reçus, ensemble, pour faire le point avant leur rencontre en bilatérale avec le ministre jeudi (pour les gardiens de la paix) et vendredi (pour les officiers et commissaires).

« Il y avait unanimité entre les différentes organisations », a assuré à l’AFP Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergies Officiers (CFE-CGC). Les déclarations du ministre lundi, « c’est comme si on nous avait mis un coup de poing au foie ».

« Les commissaires sont très remontés, ils ont l’impression d’être lâchés et désavoués », a relevé David le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de police (SCPN-Unsa).

« Il y a un problème aux Etats-Unis et on le transpose en France »

Tonalité identique chez Philippe Capon, secrétaire général Unsa-Police (gardiens de la paix), pour qui « le gouvernement (les) a utilisés pour faire barrage à un certain nombre de choses : les "gilets jaunes", les manifestations contre la réforme des retraites, le confinement ». « Et là, il y a un problème aux Etats-Unis et on le transpose en France. Il faut arrêter de tout mettre sur le dos des forces de l’ordre », a-t-il dit, dénonçant « une stigmatisation systématique » de la police.

Tous ont fait valoir qu’il y avait « des brebis galeuses partout » et qu’il fallait les sanctionner, mais sans pour autant « généraliser ».

Un groupe de travail pour définir une nouvelle méthode d’intervention ?

Ils reprochent également au ministre d’avoir annoncé l’interdiction de la « clé d’étranglement » sans mettre en place une méthode alternative. Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance, a fait remarquer que cette technique « n’existait plus depuis dix ans » et demandé au ministre de mettre en place un groupe de travail pour définir une nouvelle méthode d’intervention.

Quant à une généralisation du pistolet à impulsion électrique, il estime que « cette arme intermédiaire ne saurait se substituer à la nouvelle technique d’intervention ».

« On se doutait qu’il y aurait de la fébrilité au sommet de l’Etat »

Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité-SGP-FO, prévient : « Si le gouvernement persiste et signe, les flics vont tout arrêter, arrêter les interpellations ».

« Après le "police bashing" pendant plusieurs jours, on se doutait qu’il y aurait de la fébrilité au sommet de l’Etat, qu’ils allaient trembler des genoux », lâche un responsable syndical.