Coronavirus dans la Vienne : Un chef d'entreprise s'enchaîne pour être indemnisé par la Mutuelle de Poitiers

CONFLIT Martial Léotard s'est enchaîné à un réverbère pour réclamer 62.000 euros à la Mutuelle de Poitiers dans le cadre de la perte d'exploitation de sa société, liée à l'épidémie de Covid-19

20 Minutes avec AFP

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Pour que les assurances indemnisent les professionnels ayant subi des pertes d’exploitation durant la crise du coronavirus, un avocat lance une procédure collective.
Pour que les assurances indemnisent les professionnels ayant subi des pertes d’exploitation durant la crise du coronavirus, un avocat lance une procédure collective. — GILE MICHEL/SIPA

Martial Léotard a décidé de s’enchaîner tous les jours devant le siège de la Mutuelle de Poitiers à Ligugé (Vienne) pour réclamer une indemnisation pour perte d’exploitation que son assureur lui conteste. Ce chef d’entreprise de Richelieu (Indre-et-Loire) demande 62.000 euros à l’assureur dans le cadre de la perte d’exploitation de sa société, liée à l’épidémie de Covid-19.

« Je suis couvert dans le cadre d’une fermeture administrative pour maladie contagieuse et donc pour épidémie… mais pas pour pandémie ! C’est ce que nous répond notre agent d’assurances à Loudun, parce que ce mot de pandémie a été enlevé des contrats depuis quelques années, alors que nous payons pour tous les risques, incendie, dégâts des eaux… On nous dit que si ça a avait été une simple épidémie, on serait couvert mais pas là. C’est inaudible pour le chef d’entreprise que je suis », proteste le chef d’entreprise à la tête de la SARL Les Ducs de Richelieu (réceptions et mariages).

Une indemnisation « dérisoire » à hauteur d’1,7 % du chiffre d’affaires

Selon Martial Léotard, la Mutuelle de Poitiers n’aurait proposé qu’une indemnisation à hauteur de 1,7 % du chiffre d’affaires, une somme qu’il qualifie de « dérisoire ». Malgré une tentative de dialogue, la discussion a tourné court, chacun campant sur sa position. « Nous appliquons nos contrats d’assurance, a indiqué le directeur général de la Mutuelle de Poitiers, Stéphane Désert. La garantie perte d’exploitation ne peut pas fonctionner. Le risque pandémie n’est pas garanti. C’est un risque systémique qui touche tout le monde, que nous ne pouvons pas assurer financièrement. »

Martial Léotard s’était à nouveau enchaîné à son réverbère, ce mercredi, pour la deuxième journée consécutive, après une nuit de repos. Celui qui veut « aller jusqu’au bout » compte revenir tous les jours de la semaine, de 9 heures à 17 heures, jusqu’à obtenir gain de cause.