Nantes : Pour chaque paire de Bonpied achetée, la marque de chaussettes en offre une aux SDF

SOLIDARITE L’entreprise, lancée par une Parisienne et deux Nantais, vient d’atteindre le cap des 1.500 paires de chaussettes données

Julie Urbach

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La marque de chaussettes solidaire Bon pied
La marque de chaussettes solidaire Bon pied — Bonpied
  • Lancée il y a un an, la marque de chaussettes Bonpied distribue régulièrement des chaussettes à des associations caritatives.
  • Afin d’augmenter ses ventes, et donc ses dons, elle lance une nouvelle gamme en fil recyclé.

Une paire achetée, une paire offerte. Mais pas à n’importe qui dans le cas de Bonpied. Créée il y a moins d’un an, cette marque solidaire et « made in France » a décidé de fournir des chaussettes aux personnes à la rue. C’est d’ailleurs la raison d’être de cette initiative, qui vient de passer il y a quelques jours le cap des 1.500 paires distribuées à des SDF.

« J’ai commencé à faire des maraudes près de chez moi, dans le 12e arrondissement de Paris, et je me suis vite aperçue qu’il y avait un trou dans la raquette, raconte Sandrine Vergnory-Mion, 48 ans, à l’initiative du projet et bénévole à la Protection civile. On propose de la nourriture et des vêtements, mais principalement des grosses pièces comme des pulls ou des pantalons. Pourtant, les chaussettes sont très importantes : pour avoir chaud bien sûr mais aussi pour la santé des pieds, qui sont le moyen de transport de ces personnes, qui se déplacent beaucoup, parfois 10 ou 15 km par jour. » Problème : peu de particuliers pensent à donner ce genre de vêtements, et les associations n’ont pas forcément les fonds pour en acheter.

La marque de chaussettes solidaire Bon pied
La marque de chaussettes solidaire Bon pied - Bonpied

Créées à Nantes, fabriquées dans le Limousin

Après avoir réfléchi à divers projets, cette consultante auprès de start-up parle de son concept à Cathy et Dominique, un couple d’amis nantais designers textiles. Emballés, ils créent tous les trois la société et dépassent même de 1.000 euros leur campagne de financement participatif lancée sur Ulule. Une quatrième personne rejoint l’équipe, là aussi bénévolement.

Depuis Nantes, plusieurs modèles sont créés et expédiés (18 euros la paire), la plupart colorés et à motifs. Il y a aussi les unies (grises et noires), plus épaisses et plus hautes : ce sont ces chaussettes qui sont distribuées aux sans-abri, par l’intermédiaire d’associations, comme ont déjà pu le faire les Restos du cœur à Nantes, ou Socks en stock à Lille. Sandrine Vergnory-Mion a pu aussi en remettre personnellement, pendant ses maraudes. « L’occasion d’avoir des retours immédiats ! », sourit-elle.

En plus d’être solidaires et fabriquées en France dans le Limousin, les « chaussettes bienveillantes » veulent aller plus loin en lançant une gamme faite en fil issu du recyclage de coton et de bouteilles en plastique. « On mise cette fois sur les couleurs foncées, plus sobres, pour répondre aux besoins de tout le marché », explique la fondatrice. Objectif : accélérer la machine pour atteindre les 10.000 paires vendues (et donc le même nombre de paires données) à la fin de l’année.

En attendant, l’entreprise tente de diversifier ses sources et s’apprête à redistribuer des chaussettes, étiquetées Kindy cette fois. Elle a convaincu le fabricant de lui vendre un premier stock d’invendus (composé de quelque 200 paires) et espère que d’autres marques répondront à cet appel du pied.