Trente enquêtes ouvertes contre des policiers l’an dernier après des propos racistes, selon Castaner

RACISME Le ministre de l’Intérieur a expliqué qu’il souhaitait désormais qu’une suspension administrative soit envisagée systématiquement dans ces cas-là

20 Minutes avec AFP

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Une voiture de police circulant la nuit (illustration).
Une voiture de police circulant la nuit (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

L’an dernier, « une trentaine d’enquêtes judiciaires ont été engagées contre des policiers sur des propos racistes », a indiqué mardi Christophe Castaner au micro de BFM/RMC.  Le ministre de l’Intérieur souhaite désormais qu’une suspension administrative soit engagée systématiquement dans ces cas-là.

Sur les 30 enquêtes confiées à l’Inspection générale de la police nationale, l’IGPN, « huit ont été classées sans suite et 22 ont été transmises à la justice », a précisé le représentant du gouvernement.

Les policiers concernés dans ces 22 dossiers n’ont toutefois pas tous été révoqués. « Il faut attendre la fin de la procédure et c’est ce que je veux changer », a insisté le ministre de l’Intérieur précisant que la suspension intervenait « en cas de soupçon avéré » de racisme.

Sanction administrative

« Parce qu’on a considéré qu’il y avait assez d’éléments pour transmettre au juge pour poursuivre, je pense qu’il faut une sanction administrative. La sanction administrative de prévention, c’est la suspension », a-t-il poursuivi.

Avant de prévenir : « Dans ces 22 cas sur 150.000 policiers et 100.000 gendarmes (…) je veux qu’il y ait maintenant une suspension systématique », estimant que « 22 personnes c’est finalement très peu mais ce sont 22 personnes qui tachent l’uniforme de la République ».

Christophe Castaner a expliqué « qu’il y a dans cette institution comme dans beaucoup d’institutions, quelques fois une forme d’omerta, une parole qui ne se libère pas et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi l’expression soupçon avéré ».

Un conseil de discipline pour le groupe WhatsApp

A Rouen, des policiers mis en causes en décembre 2019 pour des propos racistes échangés sur une messagerie WhatsApp n’ont toujours pas été suspendus. « En janvier, nous avons engagé une procédure administrative et ces quatre personnes passeront en conseil de discipline dans quelques jours et seront sanctionnées – je n’en doute pas – et en même temps, il y a une enquête pénale. Quand j’ai lu le rapport sur Rouen, j’étais profondément choqué, j’ai demandé la procédure administrative et je regrette de ne pas avoir expressément demandé la suspension immédiate », a ajouté Christophe Castaner.

Il a également saisi vendredi le parquet de Paris pour des messages racistes publiés sur Facebook et attribués à des membres des forces de l’ordre, comme l’a révélé le site d’information Streetpress.