Sans papiers, des livreurs de repas de Frichti demandent leur régularisation

SOCIETE Près de 200 livreurs ont manifesté ce lundi à Paris devant les locaux de la société de livraison qui a suspendu leur collaboration

20 Minutes avec AFP

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Des livreurs de Frichti sans papiers ont manifesté lundi pour demander leur régularisation.
Des livreurs de Frichti sans papiers ont manifesté lundi pour demander leur régularisation. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

« Frichti nous a remerciés la semaine dernière » en annonçant des contrôles d’identité à l’entrée de ses locaux, a expliqué lundi Moussa Fofana, un livreur pour l’entreprise depuis deux ans.

Comme lui, près de 200 livreurs originaires du Mali, du Sénégal ou encore de la Côte d’Ivoire ont manifesté devant l’un des « hubs » de la société de livraison de repas, dans le 1er arrondissement de Paris. Affublés des gilets jaunes de l’entreprise, ces livreurs sans papiers ont demandé que l’entreprise aide à leur régularisation.

« Comme ils nous demandent des papiers, ils n’ont qu’à nous aider à nous régulariser », a poursuivi Moussa. « Après le confinement, Frichti n’a plus besoin de nous et nous jette dehors », déplore avec amertume Ibrahim Keita, qui se présente comme le porte-parole des livreurs.

L’avocat Kevin Mention, qui accompagne ces livreurs sans papiers, les a encouragés à demander à Frichti un contrat de travail pour pouvoir ensuite être régularisés, alors que beaucoup d’entre eux sont auto-entrepreneurs et donc considérés par Frichti comme prestataires de services et non comme salariés.

« Arrêt le temps de la régularisation »

« C’est la première fois en France que les livreurs sans papiers s’organisent collectivement et à ce titre, c’est historique », a relevé Marilyne Poulain, responsable de la question de l’immigration à la CGT pour qui « aujourd’hui, la régularisation pour les auto-entrepreneurs n’est pas forcément prévue dans la loi ».

« Un contrôle mis en œuvre au début du mois de juin 2020 a fait apparaître que certains partenaires n’étaient plus en capacité de nous présenter une situation régulière », a indiqué dans un communiqué Frichti, évoquant des irrégularités pour une « proportion très réduite des auto-entrepreneurs effectuant des activités de livraison ». Un arrêt de collaboration « le temps pour eux de régulariser leur situation ». Depuis le début d’année, 600 livreurs auraient travaillé pour l’enseigne qui explique qu’elle propose « un accompagnement au cas par cas dans leurs démarches administratives ».