Coronavirus : « Les inégalités sociales ont été exacerbées » durant le confinement selon le défenseur des droits

CONSEQUENCES Le défenseur des droits a présenté son bilan de l’année passée ce lundi et en a profité pour aborder les effets de la crise sanitaire

20 Minutes avec AFP

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Aux Restos du coeur durant le confinement.
Aux Restos du coeur durant le confinement. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Le confinement a creusé les inégalités sociales. Ce constat, c’est le défenseur des droits qui le dresse. Lundi, à l’occasion de la publication de son rapport annuel, Jacques Toubon en a profité pour tirer la sonnette d’alarme sur l’aggravation des inégalités durant le confinement.

« Les inégalités sociales et territoriales, les reculs des services publics déjà à l’œuvre ont été exacerbés » avec l’épidémie de coronavirus, a estimé auprès de l’AFP l’ancien ministre de Jacques Chirac, qui va quitter l’autorité indépendante après six années à sa tête.

Malgré une activité réduite de moitié, le défenseur des droits a joué son rôle de « démineur des discriminations de la vie quotidienne » au plus fort de l’épidémie, a-t-il assuré, évoquant les appels à rouvrir les bureaux de poste et les guichets de demande d’asile, mais aussi à adapter l’attestation de sortie aux handicapés ou à désengorger les prisons face aux virus.

Après avoir rendu les inégalités « encore plus criantes », le défenseur des droits espère que la « crise sanitaire (…) conduira à un meilleur accès aux droits ».

Des réclamations en hausse

Et de côté là, le travail ne manque pas. Le défenseur des droits a reçu 103.000 réclamations en 2019, soit 7,5 % de plus que l’année précédente. Elles concernent majoritairement les relations avec les services publics – plus de 60.000 réclamations, en hausse de 10,4 % sur un an. Le rapport dépeint ainsi une France minée par « les inégalités territoriales », mais aussi par le « sentiment d’abandon » provoqué par « la fracture numérique et la dématérialisation à marche forcée » des services publics.

Après une année 2019 marquée par les manifestations des « gilets jaunes », son institution a par ailleurs enregistré un bond de quasiment 29 % des dossiers liés à la « déontologie de la sécurité », dont la majorité concerne l’action des forces de l’ordre.