Racisme dans la police : Il faut « des sanctions exemplaires » selon le délégué interministériel à la lutte contre le racisme

POLICE Vendredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête à la suite de révélations sur un groupe Facebook de policiers et gendarmes échangeant des messages racistes

20 Minutes avec AFP

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Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT.
Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Il attend « des sanctions exemplaires ». Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT Frédéric Potier a estimé qu’il fallait une réponse forte dimanche s’il est avéré que des policiers ont échangé des messages racistes sur Facebook.

« J’attends des sanctions exemplaires en la matière », a-t-il estimé sur France Info, interrogé sur la révélation de l' existence d'un groupe privé sur Facebook réservé aux forces de l'ordre et où sont échangés des messages racistes.

Vendredi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a saisi la justice et le parquet de Paris a ouvert une enquête.

« Devoir d’exemplarité »

« Nous devons avoir à leur égard un très haut niveau d’exigence, parce que ce sont eux qui exercent la violence légitime, la seule qui soit légitime dans une société démocratique. Ils ont un devoir d’exemplarité en tant que fonctionnaires, et a fortiori en tant que fonctionnaires qui exercent ce type de prérogatives », a ajouté Frédéric Potier.

Il souligne que « le racisme n’a pas sa place en démocratie, le racisme n’a pas sa place dans la police ». « Quand on est fonctionnaire, quel que soit son niveau, quel que soit son grade, on représente la République, on représente l’Etat et on a donc un devoir d’exemplarité », ajoute-t-il.

Le sujet de la formation

Selon lui, « il y a un écart générationnel important entre de jeunes gardiens de la paix qui arrivent dans la police nationale et qui sont très sensibles à ces questions, et d’autres policiers qui sont en fonction depuis quelques années et qui le sont peut-être moins, parce que ces questions-là n’étaient pas abordées » avant dans la formation.

« Il y a cette formation initiale et à l’évidence aussi un sujet de formation permanente. Nous le faisons aussi, simplement je crois que nous avons encore des progrès à faire en la matière », a-t-il ajouté.

L’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux Etats-Unis a continué de se propager samedi en France où plus de 23.000 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur, ont dénoncé les violences policières et réclamé «justice pour tous».

Dans une tribune publiée dans le JDD, le député LREM d’Ille-et-Vilaine Florian Bachelier et l’avocat Eric Dupont-Moretti demandent de rendre public « d’urgence les sanctions aux manquements ». « Rendons des comptes statistiques, repensons les contrôles d’identité, y compris grâce au numérique », ajoutent-ils. « Non, la police républicaine ne doit, ne peut et n’est pas raciste. Oui, un policier qui se rend coupable d’un acte raciste doit se voir retirer immédiatement son uniforme », écrivent-ils.

Car, expliquent-ils, « c’est la condition pour que les filles et fils de France qui ont fait le choix de porter l’uniforme de la République soient respectés, la loi appliquée, la paix civile assurée ».