Déconfinement à Lyon : Le président de la métropole propose des « nationalisations locales » pour relancer l'économie

RELANCE David Kimelfeld envisage de créer un fonds de 200 millions d’euros pour aider les entreprises locales en difficulté

20 Minutes avec AFP

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Le président de la Métropole de Lyon David Kimelfeld.
Le président de la Métropole de Lyon David Kimelfeld. — Konrad K. / Sipa
  • Afin de sauver des PME et éviter qu’elles ne soient rachetées par des fonds étrangers, la métropole de Lyon propose de les nationaliser.
  • David Kimelfeld, président candidat à sa propre succession, envisage ainsi de créer un fonds de 200 millions d’euros.

Le président du Grand Lyon et candidat à sa succession, David Kimelfeld, a proposé jeudi de faire monter la métropole au capital d’entreprises locales en difficulté après la pandémie de coronavirus, en créant un fonds de 200 millions d’euros.

« L’objectif est simple : protéger un certain nombre de nos pépites (…) de défauts de paiement, des défauts de règlement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

La mesure vise également à « éviter le rachat d’un certain nombre d’entreprises par des fonds qui ne sont pas souhaités », car cela constituerait « une perte de l’autonomie de nos entreprises sur nos territoires », a affirmé le candidat aux élections métropolitaines, dont le second tour aura lieu le 28 juin.

Les PME prioritaires

La métropole, qui veut être « un actionnaire dans le temps long », se retirerait du capital « quand les entreprises le souhaiteront », a précisé David Kimelfeld. Selon son projet de campagne, les petites et moyennes entreprises seront des bénéficiaires prioritaires, ainsi que certaines filières comme la biotech, la medtech ou encore la filière verte.

L’étude des dossiers sera « circulaire », avec des élus de la métropole mais aussi des organisations syndicales et patronales, entre autres.

Pour Loïc Renart, hôtelier à Lyon invité à s’exprimer lors de la conférence, la mesure paraît « assez exceptionnelle » car elle va permettre de « laisser agir » les entrepreneurs afin qu’ils puissent « rebondir ». « On a besoin d’un territoire qui nous donne confiance », a souligné ce professionnel du tourisme qui a fait « zéro chiffre d’affaires depuis trois mois ».

Un fonds pour racheter des fonds de commerce

Outre cette nouvelle mesure phare, David Kimelfeld a annoncé la création d’un fonds de 50 millions d’euros pour un rachat temporaire des fonds de commerce et des murs. « C’est tout simplement pour donner de l’oxygène aux commerçants, aux artisans, qui pourront racheter ce que nous avons acheté, au même prix », a-t-il assuré.

Un autre fonds, de 100 millions d’euros, sera alloué au soutien des entreprises qui localiseraient ou relocaliseraient sur le territoire de la métropole, à hauteur de 20 % des investissements de relocalisation. Une fois encore, certaines filières sont particulièrement ciblées, comme l’énergie ou la biodiversité.

Est aussi prévue la mise en place d’une plateforme pour mettre en relation des chefs d’entreprise de TPE et PME souhaitant vendre et des potentiels repreneurs. Enfin, David Kimelfeld a promis d’augmenter la commande publique.