« Thérapies de conversion » : La députée LREM Laurence Vanceunebrock a déposé une proposition de loi pour les interdire

VIOLENCES Ce projet de loi vise à permettre des poursuites contre les organisateurs, mais aussi à obtenir des chiffres sur ce phénomène, car il n’en existe pas en France

20 Minutes avec AFP

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L'Assemblée nationale, (image d'illustration).
L'Assemblée nationale, (image d'illustration). — Jacques Witt/SIPA

On appelle « thérapies de conversion » ces pratiques qui prétendent transformer l’identité de genre ou l’orientation sexuelle d’une personne. La députée LREM Laurence Vanceunebrock veut les faire interdire et a annoncé ce mercredi le dépôt d’une proposition de loi en ce sens, afin de permettre des poursuites contre leurs organisateurs.

Le texte n’a toutefois pas encore à ce stade de « date d’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale », a-t-elle précisé. « Le seul problème, c’est le calendrier » parlementaire, bouleversé par le coronavirus, « mais je vais mettre la pression », assure-t-elle, en espérant un examen début 2021. La députée de l’Allier avait déjà mené une mission d’information sur le sujet avec son collègue LFI Bastien Lachaud.

Des plaintes et des poursuites

Sa proposition de loi vise à créer une « infraction spécifique pour prohiber ces pratiques et prévoit des facteurs aggravants pour prendre en compte la situation des mineurs, public particulièrement victime de ces " thérapies " ». Cela permettra des plaintes et des poursuites sur ce « thème bien spécifique », et d’établir des « statistiques » qui n’existent pas aujourd’hui en France, souligne-t-elle.

L’homosexualité, exclue en France depuis 1992 de la liste des pathologies psychiatriques, est toujours considérée comme une maladie par les promoteurs de ces « thérapies » de conversion, qui couvrent « un spectre très large de pratiques souvent insidieuses », indiquaient Laurence Vanceunebrock et Bastien Lachaud en décembre, en présentant les conclusions de leur mission d’information parlementaire.

Electrochocs, viol et exorcisme

Ces « thérapies » sont souvent adossées à des organisations religieuses qui espèrent convaincre les participants qu’il est possible de se convertir à l’hétérosexualité ou encouragent l’abstinence sexuelle. La mission d’information avait entendu « des témoignages de personnes ayant été victimes ou témoins d’exorcismes », et avait « pris connaissance de faits de viol ou d’excision ».

Des « thérapies » médicales soumettent les victimes, parfois gavées de médicaments, à des séances d’hypnose ou d’électrochocs, disaient les deux parlementaires, en évoquant aussi des « thérapies » sociétales, avec des recours aux « mariages forcés ».

Auditionnée par les députés, l’association Le Refuge, qui héberge des personnes homosexuelles rejetées par leur famille, avait expliqué avoir reçu sur sa ligne d’écoute « en moyenne une dizaine d’appels chaque mois en 2019, en forte hausse par rapport aux années précédentes ». En France, il n’existe aucune « mesure objective » du phénomène, ont regretté les parlementaires, rappelant la réticence de nombreuses victimes, parfois sous l’emprise de proches, à porter plainte par crainte des représailles.