Coronavirus : L’Assemblée vote le « don de congés » aux soignants, en « chèques vacances »

ASSEMBLEE Un texte jugé « hors sujet » voire « un peu obscène » par l’opposition de gauche, au vu des difficultés de l’hôpital

20 Minutes avec AFP

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Illustration de l'Assemblée nationale.
Illustration de l'Assemblée nationale. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

L’Assemblée nationale a voté mardi soir une proposition de loi LREM permettant aux salariés de « donner » des congés sous forme de chèques vacances aux soignants, un texte jugé « hors sujet » voire « un peu obscène » par l’opposition de gauche, au vu des difficultés de l’hôpital.

Cette mesure, adoptée en première lecture avant son examen au Sénat, permettrait à la « solidarité des Français de s’exprimer », après la crise du coronavirus. Elle « monétise des jours de repos des salariés sous forme de chèques vacances pour les soignants », a expliqué le rapporteur LREM Christophe Blanchet. Mais ce dispositif, qui devra être précisé par décret, ne « se substitue pas aux mesures de grande ampleur nécessaires pour donner davantage de moyens » à l’hôpital, a souligné cet élu du Calvados.

Pour la ministre du Travail Muriel Pénicaud, « cet acte de générosité permettra dans le même temps de contribuer à la relance du secteur du tourisme très fortement affecté » par l’épidémie. En parallèle, la ministre a à son tour insisté sur le calendrier du « Ségur de la Santé », censé concrétiser les hausses de salaires et de moyens promis pour les soignants et dont « les conclusions sont attendues en juillet ».

Proposition « culottée »

Chez les socialistes, Boris Vallaud a fait part d’un « malaise » face à cette proposition de loi « inaboutie » et « hors sujet », au regard des difficultés de l’hôpital. Selon Caroline Fiat (LFI), ce n’est « pas aux citoyens de remercier les personnels, mais à l’Etat ». Elle a plutôt proposé aux Français de « poser un jour de RTT » pour « manifester » le 16 juin, journée de mobilisation des syndicats et collectifs hospitaliers.

Le communiste Pierre Dharréville a fustigé le « culot » de cette proposition de loi LREM « un peu obscène ». « Vous croyez que parce que vous allez offrir des chèques vacances, vous allez faire oublier » la gestion de la crise, a lancé le souverainiste Nicolas Dupont Aignan.

Tout en indiquant que son groupe allait soutenir le texte, l’ex-LREM et « soignante » Annie Chapelier (Ecologie Démocratie Solidarité) a regretté une « mesurette ». « C’est un geste, une marque modeste pour manifester notre profonde gratitude », a réagi pour sa part Agnès Firmin Le Bodo (Agir Ensemble) pour défendre la mesure. Soutenu par des élus de différents bords, l’élu LR Maxime Minot a reproché aux députés LREM un « plagiat malhonnête » et une « pâle copie », soulignant avoir déposé le 22 mars une proposition de loi en ce sens.