Doubs : Enquête après deux incendies de véhicules visant un député LREM

ENQUETE Les faits, commis dans la nuit de vendredi à samedi, ont été explicitement revendiqués samedi dans un texte diffusé sur un blog anarchiste

20 Minutes avec AFP

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Eric Alauzet à l'Assemblée, le 19 mars 2019.
Eric Alauzet à l'Assemblée, le 19 mars 2019. — COLAS MESSYASZ/SIPA

Une enquête a été ouverte après l’incendie de deux véhicules revendiqué sur un blog anarchiste qui dit avoir ciblé la voiture du député LREM du Doubs Eric Alauzet mais a manqué sa cible, a-t-on appris dimanche de sources concordantes. Alliés et adversaires politiques de l’élu, par ailleurs candidat aux municipales à Besançon, ont aussitôt dénoncé un « acte d’intimidation ».

Les faits, commis dans la nuit de vendredi à samedi, ont été explicitement revendiqués samedi dans un texte diffusé sur un blog anarchiste baptisé « Attaque », qui dit avoir « mis le feu » à la voiture du député. Deux véhicules ont bien été incendiés dans un parking où Eric Alauzet « avait l’habitude de garer sa voiture », mais cette dernière n’a pas été endommagée, a indiqué à l’AFP le parquet de Besançon.

Une enquête pour « dégradations par incendie » a été confiée à la police judiciaire de Besançon qui va « creuser » la piste de ce blog anarchiste, « sans fermer d’autres portes », a-t-on ajouté.

« Insultes » et « intimidations »

« On s’est payé une petite visite (…) là où se trouve le domicile et le cabinet de médecin du député en marche Eric Alauzet », indique un communiqué diffusé samedi sur « Attaque ». « Après avoir réussi à pénétrer sur le parking de la copropriété, on a mis le feu à sa voiture personnelle », écrivent le ou les auteurs, semblant ignorer que l’acte a manqué sa cible.

« Je ne sais pas s’ils se sont trompés ou s’ils s’en fichaient : ils voulaient intimider », a déclaré à France Bleu Besançon Eric Alauzet, qui n’était pas joignable dans l’immédiat. « Je suis révolté (…) c’est un épisode gravissime après toute une séquence de un an où j’ai subi des insultes » et des « intimidations », a dit à France 3 Bourgogne-Franche-Comté le député, arrivé troisième à l’issue du premier tour des municipales (18 % des voix), derrière l’écologiste Anne Vignot (30 %) et le LR Ludovic Fagaut (25 %).

Condamnations de plusieurs partis

Dimanche, plusieurs ténors de la majorité ont apporté leur soutien au député du Doubs, condamnant l’acte le visant. « Toute ma solidarité à notre collègue@ericalauzet », a déclaré sur Twitter le président LREM de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. « Les actes de violence et d’intimidation à l’égard d’un élu de la République sont intolérables et doivent être condamnés par tous ». « Tout mon soutien cher@ericalauzet face à ces intimidations. C’est intolérable », a tweeté de son côté le patron de LREM, Stanislas Guerini. « Rien ne justifie de tels actes criminels », a renchéri Jean-Louis Fousseret, le maire LREM de Besançon.

Les adversaires d’Eric Alauzet aux municipales ont également réagi. « L’intimidation des élus et des candidats n’a pas sa place en démocratie », a déclaré Anne Vignot, tandis que Ludovic Fagaut a condamné un acte « particulièrement choquant et inquiétant ». Le préfet du Doubs, Joël Mathurin, a lui aussi dénoncé cet « incendie volontaire » ainsi que « sa revendication ». « Une instruction de vigilance renforcée concernant l’ensemble des parlementaires » a été donnée aux forces de l’ordre du Doubs, a-t-il ajouté dans un communiqué.