Déconfinement en Bretagne : Le confinement a-t-il généré davantage d’accidents mortels en mer ?

SECURITE Le déconfinement et la météo radieuse incitent la population à se ruer vers les plages mais plusieurs drames ont eu lieu

Camille Allain

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Illustration d'un bateau de plaisance, ici au large de la côte d'Emeraude, en Ille-et-Vilaine.
Illustration d'un bateau de plaisance, ici au large de la côte d'Emeraude, en Ille-et-Vilaine. — C. Allain / 20 Minutes
  • Plusieurs accidents mortels sont survenus en mer depuis une dizaine de jours au large des côtes bretonnes.
  • La préfecture maritime de l’Atlantique lance un appel à la prudence en amont du week-end de la Pentecôte.
  • Le long confinement a pu jouer un rôle, notamment par le retour soudain des plaisanciers en mer et la condition physique de la population.

Six morts en quelques jours. La sortie du confinement a été le théâtre de plusieurs accidents dramatiques sur le littoral breton. En une semaine, les secours ont dû intervenir à de multiples reprises pour venir en aide à des plaisanciers en difficulté dans la région : deux apnéistes sont décédés, un pêcheur a été retrouvé mort à Ploemeur, un nageur de 25 ans s’est noyé au large de Douarnenez. Dimanche, un adolescent est décédé à Erdeven en chutant lors d’un jeu au-dessus d’une rivière. Et mardi, c’est un surfeur qui a été retrouvé sans vie à Plouharnel, spot du Morbihan bien connu des amateurs de glisse.

A l’aube du long week-end de la Pentecôte, la multiplication de ces accidents graves inquiète et interroge. Sont-ils dus au déconfinement soudain ? Sans doute un peu. « Ce n’est pas un phénomène nouveau. Nous connaissons toujours une période charnière au moment des premiers beaux jours et des longs week-ends. Mais les deux mois de confinement accentuent sans doute la situation », analyse un officier de la préfecture maritime de l’Atlantique. L’inactivité imposée par l’épidémie de coronavirus a inévitablement affecté la forme physique de la population. « On oublie parfois que la baignade demande une bonne condition, tout comme la plaisance, la plongée ou le surf », poursuit l’officier.

« Des gens qui partent en mer comme on part en forêt »

Le constat est partagé par les sauveteurs de la SNSM. Chaque année au printemps, les bénévoles sont habitués à repêcher des marins égarés ou des plaisanciers en difficulté. Alors que l’activité était à l’arrêt pendant le confinement, elle a subitement repris la semaine du 11 mai. « La différence cette année, c’est que tout le monde est sorti en même temps en raison du confinement. D’habitude, on a des gens qui vont naviguer en mars, d’autres qui attendent un peu. Cette année, tout s’est concentré dans un temps court. On a l’impression que certains ont forcé le destin pour sortir à tout prix », explique Frédéric Damlaimcourt.

Chaque année, le délégué de la SNSM du Finistère rabâche les mêmes consignes de sécurité, invitant les plaisanciers à s’assurer qu’ils sont en bonne condition physique et que leur matériel est opérationnel. « Il y a des gens qui partent en mer comme on part en forêt. Ce ne sont pas tous des marins pros, ils naviguent de temps en temps mais ne savent pas tout. Ils commettent parfois des imprudences », assure Frédéric Damlaimcourt. Et c’est là que les accidents se produisent.

Réviser le matériel, surtout après l’hiver

Dans son département qui compte 1.400 kilomètres de côte, 800 bénévoles interviennent toute l’année pour la SNSM. Avant de prendre la mer, les sauveteurs conseillent aux plaisanciers de « vérifier leur matériel, surtout après un arrêt prolongé comme en hiver » mais aussi de prendre connaissance de la météo. Pour la baignade, il est toujours aussi recommandé d’être prudent et de se questionner sur sa condition physique avant de partir nager. « Et dans le doute, s’abstenir », insiste le patron de la SNSM du Finistère. Alors que le temps s’annonce radieux sur toute la côte Atlantique, ces conseils pourront servir.