Coronavirus : La justice maintient le couvre-feu dans les principales villes de Guyane

OUTREMER La mesure est maintenue à Cayenne, notamment

20 Minutes avec AFP

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Le président de la Collectivité territoriale de Guyane Rodolphe Alexandre, le 30 avril 2020 à Cayenne.
Le président de la Collectivité territoriale de Guyane Rodolphe Alexandre, le 30 avril 2020 à Cayenne. — jody amiet / AFP

Le tribunal administratif de Cayenne a en partie rejeté mercredi une requête en référé-liberté de la Ligue des droits de l’homme (LDH) qui demandait notamment la suspension du couvre-feu en vigueur dans les principales villes de Guyane, où la pandémie est en extension.

Exceptionnellement composée de trois juges (contre un habituellement), la chambre des référés constate « que la situation sanitaire de la Guyane s’est dégradée dès lors que le nombre de cas positifs a évolué de 144 cas au 10 mai à 328 cas au 25 mai », selon une décision que l’AFP a pu consulter.

Des « comportements à risque » constatés

« Certains comportements à risque méconnaissant les mesures d’hygiène et de distanciation sociale (…) ont été constatés sur les communes de Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury, Macouria, Kourou, Saint-Laurent du Maroni, Grand-Santi et Maripasoula », poursuit-elle.

Le préfet a attesté de faits répétés de rassemblements, de violences urbaines et envers les forces de l’ordre, notamment pendant le confinement, dans ces huit villes touchées par le virus sur ce territoire français d’Amérique du Sud de 300.000 habitants. Dans ces conditions, « la mesure réglementant tout déplacement entre 23 h et 5 h » est « nécessaire » sur ces huit communes, ont estimé les juges.

Le couvre-feu retoqué dans 12 communes

En revanche la chambre des référés a considéré « qu’aucun élément produit » par le préfet « ne justifie de la nécessité d’appliquer une telle mesure » dans douze autres communes, non touchées pour l’heure par le Covid-19.

Elle a également considéré justifié le confinement de Saint-Georges de l’Oyapock et Camopi, deux communes à la frontière du Brésil particulièrement touchées par le nouveau coronavirus, soulignant que « les forces de l’ordre ont constaté une soirée cachiri (boisson de soirée amérindienne) regroupant près de 400 personnes à Camopi le soir du 15 mai ».

148 nouveaux cas depuis samedi

Mercredi soir, Saint-Georges et Camopi, qui représentent 2 % de la population de Guyane, déploraient près de la moitié des cas du territoire (202 sur 409), dont plus d’une vingtaine de légionnaires infectés sur Camopi.

Enfin, la justice a validé l’interdiction de vente de boissons alcoolisées en Guyane de 18 h à 8 h.

Entre samedi et mercredi, 148 nouveaux cas positifs ont été confirmés en Guyane, soit plus qu’en dix semaines, entre le 4 mars et le 11 mai (146).