Coronavirus : Un jeune sur six privé d’emploi à cause de la pandémie

CRISE La région des Amériques est la plus affectée, suivie de l’Europe et de l’Asie centrale, indique l’OIT

20 Minutes avec AFP

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Une employée d'un magasin de Medellín, en Colombie.
Une employée d'un magasin de Medellín, en Colombie. — JOAQUIN SARMIENTO / AFP

Une « génération du confinement » qui risque de payer cher l’arrêt brutal de l’économie. Selon un dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), un jeune sur six se retrouve sans emploi. Les jeunes travailleurs sont ainsi les principales victimes du marasme économique lié à la pandémie.

Selon l’étude menée par l’OIT parmi les moins de 29 ans, un jeune sur six a arrêté de travailler depuis l’apparition du Covid-19. Et ceux qui ont conservé leur emploi ont vu leur temps de travail diminuer de 23 %. De plus, environ la moitié des jeunes étudiants font état d’un « retard probable » dans la réalisation complète de leurs études tandis que 10 % d’entre eux s’attendent à ne pas être en mesure de les terminer.

Des emplois plus précaires que les autres

Avec un taux de 13,6 % en 2019, le chômage des jeunes était déjà plus élevé que dans tout autre groupe de population. Environ 267 millions de jeunes étaient sans emploi tout en étant ni scolarisés ni en formation. Et les 15-24 ans qui travaillaient occupaient généralement des formes d’emploi les rendant plus vulnérables, soit parce qu’il s’agissait d’emplois mal rémunérés ou d’emplois informels, soit du fait de leur statut de travailleurs migrants.

« La crise économique due au Covid-19 frappe les jeunes – en particulier les femmes – plus durement et plus rapidement que les autres groupes de population », a pointé le directeur général de l’OIT Guy Ryder, cité dans un communiqué. « Faute de prendre d’urgence des mesures énergiques pour améliorer leur situation, nous allons peut-être devoir assumer l’héritage du virus pendant des décennies », a-t-il ajouté.

Le dépistage, un élément-clé de la stratégie

Cette quatrième édition de l’Observatoire de l’OIT sur l’impact du Covid-19 montre aussi qu’un dépistage rigoureux entraîne beaucoup moins de perturbations sur le marché du travail et sur le plan social que les mesures de quarantaine et de confinement. Dans les pays qui testent massivement la population et organisent de vastes opérations de dépistage, la diminution moyenne des heures de travail est ainsi réduite jusqu’à 50 %.

Selon l’OIT, il y a trois raisons à cela : les tests et le dépistage réduisent la nécessité d’appliquer des mesures de confinement strictes ; ils favorisent la confiance du public, encourageant la consommation et contribuant à soutenir l’emploi ; et ils permettent de réduire au minimum les perturbations opérationnelles sur le lieu de travail. En outre, les tests et le dépistage peuvent contribuer directement à créer de nouveaux emplois, même temporaires.

« Les tests et le dépistage peuvent être une composante précieuse dans la stratégie à mettre en œuvre pour combattre la peur, réduire les risques et relancer rapidement nos économies et nos sociétés », a estimé Guy Ryder.

Des perspectives sombres

Globalement, la crise continue d’entraîner « une réduction sans précédent de l’activité économique et du temps de travail dans le monde », observe par ailleurs l’OIT, la région des Amériques étant la plus affectée, suivie de l’Europe et de l’Asie centrale.

Par rapport au quatrième trimestre 2019, l’organisation a observé une baisse de 4,8 % des heures de travail au premier trimestre 2020 (ce qui équivaut à 135 millions d’emplois en se basant sur une semaine de travail de 48 heures). Les perspectives pour le deuxième trimestre sont, elles, « désastreuses » : les heures travaillées devraient baisser d’environ 10,7 % (ce qui équivaut à 305 millions d’emplois à plein temps).