Déconfinement à Bordeaux : « Ça va de mieux en mieux », les écoles bordelaises reprennent vie

EDUCATION Enfants, parents, enseignants ou élus tirent un premier bilan plutôt positif de la reprise de l’école

Clément Carpentier

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Un enseignant avec ses élèves dans une école à Bordeaux.
Un enseignant avec ses élèves dans une école à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA
  • Après 15 jours de classe, c’est l’heure de faire le premier bilan dans les écoles bordelaises.
  • Si l’appréhension des premiers jours a tendance à disparaître, les disparités entre certains quartiers persistent.
  • Depuis lundi, la mairie a mis en place un accueil parascolaire qui permet aux enfants des écoles de la ville d’être pris en charge quatre jours par semaine, au lieu de deux sans surcoût pour les parents.

« Je dois aller où ? » Cette question le petit Gabriel la pose à chacune de ses arrivées devant son école depuis le déconfinement. Le temps où il déboulait en courant pour rejoindre les copains de sa classe de CP est pour l’instant du passé, Covid-19 oblige. « Je dois attendre dans les escaliers ou je peux monter jusqu’à la classe ? », insiste-t-il du haut de ses six ans auprès du personnel de l’établissement et sous les yeux de sa maman masquée.

Mais peu importe, « il est heureux de revoir sa maîtresse et une copine » alors tout va bien. Les parties de football avec ses amis dans la cour de récréation attendront. « Les enfants ont tous bien compris ce qu’il se passait, remarque une enseignante bordelaise, les parents ont fait un vrai travail là-dessus pendant deux mois et ça nous a facilité la reprise de ce côté-là. » Une bonne chose car pour le reste « les premiers jours ont été très compliqués avec le protocole sanitaire à mettre en place. Mais aujourd’hui, ça va de mieux en mieux », ajoute celle qui s’occupe d’une classe de CM2.

Un premier bilan positif pour la mairie

Un sentiment que partagent certains parents comme Béatrice :

« Cela a été difficile au départ de les remettre à l’école, il y avait pas mal d’angoisse. Mais au fil du temps, l’appréhension a disparu. Les consignes sont respectées et puis, surtout, on ne voit pas pour le moment de deuxième vague. C’est rassurant. »

En 15 jours, l’Agence Régionale de Santé n’a relevé qu’un seul cas confirmé de coronavirus dans les écoles girondines. Il s’agit d’un enseignant de l’école privée Notre-Dame-Sévigné à Talence. Tous les cas contacts, adultes comme enfants, sont testés depuis jeudi dernier et l’établissement pourrait rapidement rouvrir.

Pour Emmanuelle Cuny, adjointe au maire de Bordeaux chargée de l’éducation, de la restauration collective et de l’alimentation bio, « le bilan est positif car tout se passe bien et on s’attend à avoir de plus en plus d’enfants [25 à 30 % sont de retour à l’école depuis le déconfinement selon l’Académie]. » Dès le 11 mai, la ville a rouvert 100 % de ses écoles et les élèves sont accueillis deux jours par semaine (soit le lundi et mardi, soit le jeudi et vendredi). Tout cela selon les places disponibles et les publics prioritaires.

« Il y a tout de même des disparités »

Mais la situation reste exceptionnelle et certaines difficultés persistent, explique Emmanuelle Cuny :

« Si ça se passe bien, il y a tout de même des disparités. On a des quartiers comme le Grand Parc où les enfants reviennent moins. Parfois, les parents ne travaillent pas et ils préfèrent donc garder leurs enfants. On doit faire un vrai travail auprès d’eux. »

Ces derniers rencontrent de leur côté, parfois, un autre problème. Laëtitia, maman de Pierre, élève en CP, avoue que « l’organisation à la maison reste très compliquée car on ne peut pas les mettre tous les jours à l’école. Le rythme n’est pas toujours le même. Il faut tout le temps s’ajuster et c’est épuisant ! ».

Un accueil parascolaire depuis lundi

Bonne nouvelle pour cette mère de famille bordelaise, elle peut compter depuis la semaine dernière sur la réouverture de certains centres de loisirs le mercredi et surtout depuis lundi la ville a mis en place un accueil parascolaire. Ce dispositif permet aux enfants des écoles de la ville d’être pris en charge quatre jours par semaine, au lieu de deux et sans surcoût pour les parents.

C’est un complément du temps scolaire puisque les animateurs travaillent en collaboration avec les enseignants. Bordeaux compte 112 sites pour 1.400 places. Si là aussi il existe des critères, il y a pour l’instant de la place. Depuis lundi, 271 élèves sont accueillis pour 417 places en maternelle et 317 pour 919 places en élémentaire.