Coronavirus à Mayotte : « L’épidémie n’est pas derrière nous », assure l'ARS

SANTE La directrice de l’Agence régionale de Santé Dominique Voynet a confié être « inquiète du climat général de relâchement »

20 Minutes avec AFP

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Dans un centre commercial de Mayotte (Illustration)
Dans un centre commercial de Mayotte (Illustration) — AFP

Elle est « inquiète du climat général de relâchement » à Mayotte. Alors l’ancienne ministre et actuelle directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) Dominique Voynet a rappelé lundi que " l'épidémie (de coronavirus) n’est pas derrière nous" dans ce département d' outremer.

Seul territoire d’outre-mer encore classé « rouge » et officiellement encore confiné, même si le déconfinement est déjà « de fait » selon les autorités, Mayotte comptait lundi 1.609 cas déclarés, 39 hospitalisations (dont 12 en réanimation) et 20 décès.

« Il ne suffit pas de distribuer des masques »

Si à Mayotte, « on voit plus de gens porter le masque qu’à Paris », a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse, ce n’est pas encore « une habitude solidement ancrée », car « il ne suffit pas de distribuer des masques » pour que la population les mette.

L’ancienne ministre de l’Environnement a évoqué quelques foyers de contamination « préoccupants, dans des quartiers précaires », mais aussi chez des enseignants et au centre pénitentiaire de Majicavo.

Moins de tests effectués

La directrice de l’ARS a aussi précisé que le nombre de tests avait baissé ces derniers jours, en raison d’un manque de réactifs au sein du seul laboratoire privé de l’île, mais aussi à cause de la fin du ramadan qui a davantage incité la population à préparer l’Aïd qu’à se rendre aux urgences. « Il y avait plus de gens à Dubai (quartier très commerçant de Majicavo, sur la commune de Koungou), qu’au Centre hospitalier de Mayotte » ce week-end, a-t-elle regretté.

L’une des modélisations scientifiques de l’évolution de l’épidémie évoque un pic « la première semaine de juin », a-t-elle rappelé, soulignant que les éventuelles conséquences d’un relâchement pour la fin du ramadan, ne seront visibles que « dans quatorze jours ».

A Mayotte, quelques écoles primaires doivent déjà rouvrir mardi, mais dans des conditions très strictes de distanciation.

Lundi soir, le préfet a annoncé que « la réouverture des lieux de culte pourra se faire dans des conditions strictes » et que « l’accès aux plages, criques et îlots, ainsi que toutes les activités nautiques et de plaisance » peuvent désormais être autorisés « sur proposition du maire », mais avec « interdiction des feux de bois et des voulés » (barbecues traditionnels), et des rassemblements de plus de dix personnes.

Mais « les mesures de couvre-feu, la suspension des vols commerciaux, l’interdiction de fréquenter les espaces sportifs, les bars et les restaurants, la fermeture de certains services accueillant massivement du public sont toujours en vigueur », a-t-il assuré.