Coronavirus : L’Ile-de-France est désormais (théoriquement) une zone « verte »

SANTE La région remplit les critères énoncés par le Premier ministre pour passer en zone « verte », notamment un taux de remplissage en réanimation inférieur à 60 % pour les cas de Covid-19

Caroline Politi

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Si l'on se fie aux dernières données officielles, l'Ile-de-France ne devrait plus être classée en zone rouge.
Si l'on se fie aux dernières données officielles, l'Ile-de-France ne devrait plus être classée en zone rouge. — Loic VENANCE / AFP
  • Depuis vendredi, les services de réanimation franciliens sont passés sous la barre de 60 % de patients atteints du Covid 19.
  • Les passages aux urgences pour ce nouveau coronavirus ont également fortement baissé.
  • Les spécificités de la région, notamment sa densité de population laissent néanmoins planer le doute sur son classement en zone verte le 2 juin.

Les parcs et jardins parisiens auraient-ils pu rouvrir pendant le pont de l’Ascension ? Et les collégiens franciliens reprendre dès lundi le chemin de l’école ? L’Ile-de-France, comme le quart nord-est du pays, est depuis le 7 mai classée en zone « rouge ». En clair : la situation sanitaire liée au coronavirus est toujours considérée par les autorités comme périlleuse et nécessitant un déconfinement plus lent qu’ailleurs. Pourtant, lorsqu’on se penche sur les chiffres, les quatre régions « rouges » remplissent désormais tous les critères pour passer en zone « verte », l’Ile-de-France étant la dernière à avoir passé le cap, vendredi 22 mai.

Selon les critères énoncés par le Premier ministre, pour être « vert », un département doit respecter trois points. La disponibilité des tests, qui selon les autorités, est acquise sur l’ensemble du territoire. Mais surtout, avoir moins de 6 % d’admission aux urgences pour le coronavirus et être en dessous de 60 % de patients atteints du Covid-19 en réanimation. C’est la combinaison de ces deux derniers critères qui avaient poussé le 7 mai les autorités à classer Paris et sa banlieue en zone « rouge ». A cette date, la circulation du virus – mesurée par les admissions aux urgences – restait particulièrement active dans plusieurs départements franciliens, et les services de réanimation tournaient encore au-dessus de leur capacité d’accueil habituelle.

Moins de 2 % de passage aux urgences pour suspicions de Covid-19

Désormais, la donne a changé. Depuis vendredi, le nombre de patients en réanimation est passé sous la barre des 60 % en Ile-de-France. Lundi, on comptait 682 malades du Covid-19 dans les services de réanimation franciliens pour 1.200 lits – au plus fort de la crise, cette capacité a été plus que doublée pour atteindre près de 3.000 lits – soit un taux d’occupation de 56,8 %. De même, les passages aux urgences pour une suspicion de Covid-19 s’établissaient, dimanche, à moins de 2 %. 88 personnes, présentant des symptômes se rapprochant de ceux du coronavirus, ont été admises ce jour-là et 16 d’entre elles ont été hospitalisées.

Carte synthèse pour le déconfinement.
Carte synthèse pour le déconfinement. - Ministère de la Santé

En théorie donc, la carte de France métropolitaine devrait être totalement « verte » et tous les départements au même stade du plan de déconfinement. En théorie. Le 8 mai, la direction générale de la Santé avait précisé qu’elle serait mise à jour dès que la situation évoluerait. Les autorités semblent, depuis, s’être ravisées, préférant attendre le prochain point d’étape du déconfinement, programmé mardi 2 juin, pour la modifier. Une simple formalité ? Pour l’instant, la direction générale de la Santé refuse de s’avancer sur la teneur de cette carte. « Elle n’est pas encore élaborée, nous attendons de voir toutes les données stabilisées », indique-t-on, tout en précisant que l’ajout de nouveaux critères n’est pas à l’ordre du jour.

L’Ile-de-France, un statut à part ?

Mais les spécificités de l’Ile-de-France pourraient-elles retarder le déconfinement ? Dans cette région, la plus touchée par l’épidémie, la densité de population fait craindre – plus qu’ailleurs – la fameuse seconde vague. Si les premières données du déconfinement sont plutôt encourageantes, les autorités sanitaires locales restent très prudentes. « La situation s’améliore, mais on n’en a pas beaucoup sous la pédale, insiste-t-on au sein de l’agence régionale de santé. Dans les services de réanimation, la quasi-totalité des 1.200 lits sont occupés, plus de la moitié pour des patients Covid, le reste pour toutes les autres pathologies. Les soins de suite sont débordés, on est encore obligés de décaler des interventions lourdes. »

Symbole des craintes qui pèsent sur la région : le bras de fer engagé entre le gouvernement et les édiles franciliens sur l’ouverture des parcs et jardins. Mercredi dernier, alors que les passages aux urgences étaient déjà bien en dessous de la barre de 6 % et que le taux d’occupation des services de réanimation atteignait quasiment le seuil fixé (62 %), Edouard Philippe excluait catégoriquement la réouverture des espaces verts. Inenvisageable « à ce stade », écrivait-il dans une lettre adressée à Anne Hidalgo.