Pédocriminalité : La commission Sauvé, qui enquête sur les abus sexuels dans l’Eglise, prolonge son appel à témoignages

INVESTIGATIONS Le rapport sera rendu plus tard que prévu, en septembre ou octobre 2021

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une église en Bretagne.
Illustration d'une église en Bretagne. — Maxime Le Pihif

La Commission Sauvé sur les abus sexuels sur mineurs commis dans l’ Eglise va rendre son rapport plus tard que prévu en raison de la crise liée au coronavirus. « Notre rapport sera remis un peu plus tard que prévu, fin septembre ou début octobre 2021 », a affirmé à l’AFP son président, Jean-Marc Sauvé. « Nous avons la très ferme intention de ne pas dériver plus ».

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), créée en 2018 par l’épiscopat catholique pour enquêter sur la pédocriminalité commise par le clergé depuis les années 1950, avait lancé en juin 2019 un appel à témoignages auprès de victimes, via une plateforme téléphonique, qui devait initialement expirer le 2 juin prochain. « Nous allons le prolonger jusqu’au 31 octobre », a déclaré Jean-Marc Sauvé.

Un travail engagé sur les auteurs des abus

Plusieurs activités de sa commission, comme les auditions de victimes en régions, ont été suspendues en raison de la crise sanitaire et du confinement. Elles vont reprendre progressivement, tout comme les réunions publiques qui n’ont pu se tenir à Lyon, Dijon, Aix-en-Provence, Rouen et Bastia (ces dernières seront numériques). Ces activités et déplacements générant des flux d’appels vers la plateforme, « il est nécessaire qu’elle soit toujours en capacité de recevoir des appels téléphoniques ».

Par ailleurs, « nous allons engager un travail sur les auteurs d’abus sexuels dans l’église », a dit Jean-Marc Sauvé. « La trajectoire qui a pu être la leur, leur entrée dans l’église, que ce soit une congrégation religieuse ou le clergé diocésain, leur formation, ce qui s’est passé et la manière dont ils ont vécu leur propre relation avec l’Eglise, parfois leur exclusion. […] Il n’est pas possible de clôturer notre travail sans avoir engagé une réflexion sur ce qui a conduit, facilité, ou pas, les abus sexuels, vu du côté des auteurs des abus », a-t-il ajouté, expliquant être en train de « constituer un échantillon d’auteurs ».

Les victimes en majorité des hommes

Selon les chiffres arrêtés au 31 janvier, la Ciase avait reçu 4.500 appels. La majorité des victimes étaient des hommes (62,7 %), âgés actuellement, pour 80 % d’entre eux, de plus de 50 ans. Les victimes étaient âgées dans 32 % des cas de 6 à 10 ans, et dans 35,3 % des cas de 11 à 15 ans.

Les faits ont été commis, pour 59 % des cas, entre 1950 et 1970. Pour un tiers, en établissements scolaires (pensionnats), puis au catéchisme ou dans les aumôneries (20 %). Les auteurs sont des hommes dans 98 % des cas.