Coronavirus : Edouard Philippe estime que l’UE n’a pas « été à la hauteur de la crise »

(DES)UNION Pour le Premier ministre, le « moteur franco-allemand est indispensable au redémarrage de l’Europe »

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le 19 mai à l'Assemblée nationale.
Edouard Philippe, le 19 mai à l'Assemblée nationale. — Stephane Lemouton-POOL/SIPA

Edouard Philippe s’est fendu d’une critique sur l’Union européenne ce mercredi. Interrogé à l’Assemblée, le premier ministre a estimé que l’Europe n’avait pas « été à la hauteur de la crise » du coronavirus. Le chef du gouvernement s’est en revanche félicité du plan de relance franco-allemand présenté lundi, « très ambitieux ».

« Probablement pourrons-nous dire avec un peu de recul que l’Union européenne n’a pas rien fait et a été utile », a souligné le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat. « Mais est ce que véritablement elle a été à la hauteur de cette crise ? Je ne le crois pas », a-t-il ajouté, en répondant à Hervé Marseille, président des sénateurs de l’Union centriste.

« Je le dis avec beaucoup de plaisir, l’Allemagne a bougé »

Cependant, Edouard Philippe a salué le « plan très ambitieux visant à permettre le financement d’une relance » à hauteur de 500 milliards d’euros, proposé lundi par Emmanuel Macron et Angela Merkel. « Bien souvent, lorsque la crise européenne est là, c’est dans la capacité de la France et de l’Allemagne à s’entendre et à entraîner que l’on trouve la solution », a-t-il fait valoir.

« Il n’y a pas eu de précédent à ce type d’annonce. Pourquoi ? Parce que, et je le dis avec beaucoup de plaisir, l’Allemagne a bougé », a encore estimé Edouard Philippe, avant de vanter le rôle de la France dans cette évolution. « Je n’exclus pas (…) que l’Allemagne ait bougé parce que la France elle-même a bougé », a-t-il commenté.

Selon le Premier ministre, l’Allemagne « a vu que la France, en s’attaquant à des réformes de structure, qui parfois avaient été évoquées mais pas réalisées, voulait effectivement préparer l’avenir sérieusement ». « C’est la seule raison que j’identifie pour pouvoir faire fonctionner de nouveau ce moteur franco-allemand, dont nous savons tous qu’il est indispensable au redémarrage de l’Europe », a-t-il souligné.