« Gilets jaunes » : L’abbé Francis Michel, qui avait chanté « Macron tête de con », renvoyé par l’Église

RELIGION Rendu célèbre pour avoir notamment célébré une « messe anti-Macron » pendant la crise des « gilets jaunes », l’abbé Francis Michel a été rendu à l’état laïc

Vincent Vantighem

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L'abbé Francis Michel avait pris l'habitude d'aller bénir les baraques de
L'abbé Francis Michel avait pris l'habitude d'aller bénir les baraques de — Ina FASSBENDER / AFP

« Emmanuel Macron/ô tête de con/on vient te chercher chez toi… » Sur les réseaux sociaux, les images sont toujours disponibles. Elles montrent une foule de « gilets jaunes » entourant un prêtre dans une église, l’an dernier. Celui-ci entonne de bon cœur le chant sous l’œil mi-amusé, mi-revendicatif du public. Installé au Planquay (Eure), l’abbé Francis Michel a été avisé le 15 mai qu’il était renvoyé par l’Église, a-t-on appris ce mercredi, confirmant une information du Parisien.

« Francis Michel perd les droits propres à l’état clérical de même que les dignités ecclésiastiques et les charges, indique un communiqué du diocèse d’Evreux dont il dépendait. Il est exclu de l’exercice du ministère ordonné et, par conséquent, il ne peut plus célébrer l’Eucharistie, prononcer une homélie, administrer licitement les sacrements de l’Église catholique romaine. »

« Cela restera une souffrance pour lui et l’Eglise »

Divisant les paroissiens, l’abbé Michel avait déjà été condamné en 2016 par la cour d’appel de Rouen pour avoir détourné les dons de fidèles lorsqu’il officiait à l’église de Thiberville (Eure). Frappé pour cette raison par une mesure de « Suspense a divinis » par l’Église, il avait l’interdiction de célébrer la messe mais continuait pourtant à le faire.

Dans son communiqué, le diocèse d’Evreux indique que de multiples tentatives ont été lancées par l’Evêque pour trouver « une issue favorable », mais qu’elles n’ont pas abouti. « Ce renvoi restera une souffrance pour lui-même, pour les fidèles du diocèse, pour ses confrères prêtres et pour son Evêque », conclut le communiqué.

Contacté par 20 Minutes, l’abbé Francis Michel n’était pas disponible dans l’immédiat pour réagir. Son entourage a précisé : « De toute façon, vous êtes journaliste ? Alors, c’est pas la peine ! »