Déconfinement : Des députés demandent une réouverture rapide des bars et restaurants, secteurs à « sauver »

TOURISME Ces élus soulignent que l’hôtellerie-restauration « pèse près d’un million d’emplois dans notre pays » et que des centaines d’employeurs atteignent chaque jour un « point de non-retour »

20 Minutes avec AFP

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Un restaurant fermé dans le quartier des Halles à Paris, le 18 mai 2020.
Un restaurant fermé dans le quartier des Halles à Paris, le 18 mai 2020. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Plusieurs députés, y compris dans la majorité, ont plaidé mardi soir pour une réouverture rapide des bars et restaurants, et plus généralement pour une relance du tourisme, des secteurs à « sauver » selon eux dans la crise du coronavirus.

Depuis le 11 mai, « le déconfinement a permis une reprise de l’activité » mais des secteurs sont « toujours au point mort, tourisme, restauration, culture », et « l’urgence est pourtant là », a lancé Julien Aubert (LR), lors d’un débat initié par son groupe sur « Le déconfinement, quelle mise en œuvre après une semaine ».

Son collègue Olivier Marleix a aussi souligné que l’hôtellerie-restauration « pèse près d’un million d’emplois dans notre pays ». « La majorité des employeurs n’ont plus de trésorerie » et des centaines atteignent chaque jour un « point de non-retour », tandis que certains assureurs rechignent à « jouer leur rôle », a-t-il affirmé.

Faire « bouger les gestes barrières » dans ces secteurs

L’élu d’Eure-et-Loir a demandé si des réouvertures étaient envisageables dès avant le 2 juin, prochaine étape du déconfinement. Philippe Vigier (Libertés et territoires) a lui suggéré de faire « bouger les gestes barrières » dans ces secteurs, faute de quoi leur « équilibre économique sera mis à mal ».

Rappelant le « plan de soutien massif » de plus de trois milliards d’euros annoncé le 14 mai, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a renvoyé aux prochaines décisions en vue du 2 juin, qui dépendront « de l’évolution de la situation sanitaire ». « Nous pouvons être raisonnablement optimistes », a-t-il indiqué, alors que restaurateurs et cafetiers pourraient peut-être rouvrir dans les départements classés « vert ».

La députée LREM Danielle Brulebois s’est inquiétée dans le même sens pour son département du Jura, où « les réservations s’annulent en cascade » en raison de son classement en rouge. Elle a réclamé « une carte départementalisée » et non régionale, pour ne pas « pénaliser » des territoires comme le sien, moins menacé par le coronavirus que la région. « Le sentiment d’injustice et de découragement est grandissant », a-t-elle lâché, demandant également une « actualisation plus fréquente de la carte ».

« La santé publique reste une priorité »

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé Adrien Taquet a assuré que le gouvernement avait « bien conscience des effets de ce classement sur la vitalité touristique » et qu'« avant le 2 juin, les choses devraient évoluer ». « La santé publique reste une priorité », a-t-il rappelé. Autre voix LREM revendicatrice, Hugues Renson, élu de Paris, a demandé une « réouverture urgente » des parcs et jardins dans la capitale, « attendue par tous ».

Les secrétaires d’Etat se sont globalement félicités du déconfinement. La gauche a elle mis l’accent sur les besoins sanitaires qui demeurent, en particulier des hôpitaux, « grand corps héroïque mais malade » selon les mots de Sébastien Jumel (PCF).