Coronavirus : Les syndicats hospitaliers maintiennent la menace d’une mobilisation le 16 juin

SOIGNANTS Ils souhaitent maintenir la pression sur le gouvernement concernant les mesures pour les soignants

J.-L.D. avec AFP

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L’hôpital public veut s'assurer que ses revendications seront entendus
L’hôpital public veut s'assurer que ses revendications seront entendus — SIPA

Plusieurs syndicats et collectifs hospitaliers ont assuré ce lundi maintenir la perspective d’une « journée de mobilisation » le 16 juin, disant vouloir « maintenir la pression » sur le gouvernement après l’annonce d’un « Ségur de la santé » destiné notamment à « augmenter les rémunérations ».

« Nous restons mobilisés, malgré les annonces qui ont été faites », a indiqué Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé, lors d’une visio-conférence commune avec plusieurs organisations syndicales, dont l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) et Action praticiens hôpital ( APH).

Manque de données concrètes

« Nous avons le sentiment que le gouvernement n’a pas tiré toutes les leçons de la crise », a-t-elle ajouté, en regrettant d’avoir appris « par voie de presse » l’annonce d’une négociation sur l’avenir de l’hôpital par le ministre de la Santé Olivier Véran. Selon la responsable CGT, les initiatives ponctuelles – comme le déploiement de banderoles – vont ainsi se poursuivre dans les hôpitaux au cours des prochaines semaines, en attendant une décision définitive sur la mobilisation du 16 juin.

« Un certain nombre d’annonces vont dans le sens qu’on espère, mais on n’a aucune donnée concrète à ce stade », a justifié Jacques Trevidic, président du syndicat Action praticiens hôpital (APH). « On est dans l’expectative, c’est pour cela qu’il faut qu’on maintienne la pression ». Olivier Véran a annoncé dimanche dans les colonnes du JDD le lancement le 25 mai d’un « Ségur de la santé », visant à « augmenter les rémunérations » à l’hôpital et à créer un « cadre beaucoup plus souple » sur le temps de travail.

Un début de mea culpa insuffisant

Cette discussion se traduira par une « grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère », l’objectif étant de présenter un plan « cet été », a-t-il déclaré. Cette annonce a été accueillie avec réserve par les syndicats et par les Collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, fers de lance de la mobilisation engagée voilà un an pour demander davantage de moyens et de lits à l’hôpital public.

« Il y a un début de mea culpa » mais « il ne faut pas qu’on parte dans un grand débat qui dure des mois et des mois », a prévenu lundi Olivier Milleron, du collectif Inter-Hôpitaux, réclamant un « geste rapide » sur les salaires de « l’ensemble des personnels hospitaliers ».

« Nos organisations n’iront pas à de nouvelles rencontres si nous n’avons pas la garantie de réelles négociations sur le socle que nous avons posé », a assuré de son côté Mireille Stivala.