Coronavirus à Toulouse : Traumatisés ou pas ? Le CHU lance une étude sur les effets du confinement chez les enfants de 8 à 15 ans

STRESS L’étude E-COCCON, lancée par le CHU de Toulouse, espère recueillir jusqu’à 1.000 témoignages d’enfants de 8 à 15 ans, mais aussi de leurs parents

Nicolas Stival

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Le CHU de Toulouse étudie les effets du confinement sur les enfants de 8 à 15 ans. Illustration.
Le CHU de Toulouse étudie les effets du confinement sur les enfants de 8 à 15 ans. Illustration. — Frederic Dides / Sipa
  • Le CHU de Toulouse s’intéresse à l’impact psychologique des deux mois de confinement sur les enfants âgés de 8 à 15 ans.
  • Un questionnaire a été élaboré pour déterminer d’éventuels cas de stress post-traumatique à la suite de cette période inédite.
  • Les familles de Midi-Pyrénées intéressées pour participer à l’étude, baptisée E-COCCON, peuvent composer en semaine le 05 34 55 86 73.

Quels ont été les effets du confinement chez les 8-15 ans ? C’est à cette question que se propose de répondre l’étude E-COCCON, tout juste lancée par le CHU de Toulouse, sous la houlette de la pédiatre Isabelle Claudet. «  Les enfants ont été coupés de leur réseau d’amis et de leurs réseaux sociaux au sens large, indique-t-elle. Ils peuvent développer certaines formes de stress. »

La cheffe du pôle enfants au CHU espère recueillir « entre 500 et 1.000 témoignages » sur cette période hors du temps (et de l’école) auprès des jeunes « ciblés » mais aussi de leurs parents. Les familles de l'ex-région Midi-Pyrénées intéressées sont invitées à téléphoner au 05 34 55 86 73 du lundi au vendredi. Le questionnaire dure une vingtaine de minutes. Il porte sur l’habitat, la profession des parents, l’âge des enfants et leur poids avant et après le confinement.

Mais pas seulement : « nous avons une grille avec des critères pour déterminer si l’enfant présente des signes de stress, avec aussi une version parentale », détaille le Pr Claudet. Quelques exemples : « Fais-tu des cauchemars ? » « Évites-tu te regarder des émissions sur le coronavirus ou même d’en parler ? » Cette grille dite CRIES est une adaptation d’une procédure déjà appliquée à la suite de catastrophes, dans des pays d’Asie ou d’Afrique.

Troubles du sommeil, conduites addictives…

Car la période inédite de confinement a parfois pu déboucher sur des états assimilables à du stress post-traumatique. « Les risques, ce sont les troubles du sommeil ou alimentaires, voire des conduites addictives pour les plus grands, prévient le Pr Claudet. Il peut y avoir également des crises classiques, avec des enfants qui veulent tout casser. »

Dans l’idéal, la spécialiste espère boucler l’étude « dans les 15 jours », pour ne pas trop s’éloigner de la période de confinement et donc ne pas laisser s’envoler les souvenirs qu’elle a semés. « Si on n’a pas assez de participants, on ira jusqu’à un mois au maximum. » Si des enfants présentent une forme très élevée de stress, les familles pourront être aiguillées vers des professionnels, comme des psychologues, pour traiter le problème.

Afin d’élargir la participation et d’obtenir un échantillon représentatif de la population, l’étude E-COCCON est aussi proposée à des jeunes patients du CHU et à leur famille, à l’entrée des urgences mais aussi dans l’ensemble de l’hôpital des enfants.