Déconfinement à Nantes : Comment se prépare la rentrée des collèges, prévue ce lundi ?

REPORTAGE Au collège de la Neustrie à Bouguenais, près de Nantes, on se prépare à accueillir de nouveau des élèves, dans un contexte particulier

Julie Urbach

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Préparation de la rentrée scolaire au collège de la Neustrie à Bouguenais près de Nantes
Préparation de la rentrée scolaire au collège de la Neustrie à Bouguenais près de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Distanciation, masques, réfectoire... Les collèges ont dû entièrement se réorganiser en raison de la crise sanitaire.
  • En Loire-Atlantique, entre 40 et 50% des élèves de 6e et 5e sont attendus pour la reprise, lundi.

EDIT >> A l'occasion de la rentrée des 6e et 5e, nous vous proposons de redécouvrir cet article publié vendredi 15 mai

« On a tenté de faire quelque chose de joli… ». A trois jours de la rentrée, après celle des plus jeunes, les préparatifs s’achèvent au collège de la Neustrie à Bouguenais près de Nantes. Dans la cour de récré, des centaines de points colorés, espacés d’1m50, ont été peints au sol. « Il n’y aura que très peu d’élèves en même temps, mais au moins on sera sûrs que les distances seront respectées, espère Jean-Christophe Templeraud, le principal du collège. On n’a pas voulu créer des zones délimitées, afin d’éviter le côté trop anxiogène… »

Lundi matin, en Loire-Atlantique, entre 40 et 50% des élèves de 6e et 5e reprendront le chemin du collège dans un contexte particulier. A Bouguenais, ils ne seront que 144 inscrits sur 342 habituellement. Au portail, pas question de prendre ses camarades dans ses bras : l’entrée des élèves se fera par deux accès différents, à partir desquels ils devront suivre un parcours fléché. Ce vendredi, une table a été installée au fond de la cour, à l’entrée des bâtiments. « C’est là que sera remis aux élèves une enveloppe composée de quatre masques lavables, fournis par l’Education nationale », indique Philippe Carrière, le directeur académique. Les ados ne pourront pas les enlever avant d’être assis à leur bureau.

Une demi-journée de cours

Alors qu’un protocole sanitaire a été envoyé à tous les chefs d’établissements, chacun a pu composer selon ses spécificités. Dans les couloirs de la Neustrie, du scotch a été posé sur le carrelage en accord avec les « gestes protecteurs », comme on les appelle ici. Dans chaque classe, un petit plateau avec des mouchoirs et du gel hydroalcoolique a été préparé. Ce vendredi, restait encore à coller les étiquettes nominatives sur chaque table : « Il a fallu penser à tout, indique Jean-Christophe Templeraud. Les élèves, répartis dans des groupes allant de 3 à 14, auront une place attitrée et ne changeront pas de salle comme à leur habitude. » Ils pourront déjeuner s’ils le souhaitent au réfectoire, où des paniers repas leur seront proposés. Et auront classe tous les jours, mais seulement le matin ou l’après-midi.

Car s’il y aurait eu assez d'enseignants et de place pour assurer davantage d’heures de cours, la charge de travail risquerait d’être trop importante pour les huit agents disponibles (sur 12) mobilisés au nettoyage et à la désinfection des lieux. Consigne leur a été donnée de passer quatre fois dans chacun des blocs sanitaires. Il ne faudra oublier aucun recoin, jusqu’au CDI ou quelques adolescents, enfants de soignants ou de professions prioritaires, seront accueillis le reste de la journée.

Préparation de la rentrée scolaire au collège de la Neustrie à Bouguenais près de Nantes
Préparation de la rentrée scolaire au collège de la Neustrie à Bouguenais près de Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

Enseignants masqués en classe

Une organisation millimétrée qui occasionne quelques autres difficultés ou incertitudes, notamment en raison des directives ministérielles qui ont évolué jusqu’à ces derniers jours. Mercredi, les chefs d’établissement ont par exemple été prévenus que les enseignants devraient finalement garder leurs masques en classe, et ce même si des distances suffisantes étaient respectées face aux élèves. « Certaines équipes ont dû faire marche arrière, observe Laurent Champagne, secrétaire départemental du syndicat des personnels de direction SNPDEN. Mais globalement il y a une adhésion aux modalités de retour, même si nous avons des collègues évidemment inquiets. »

Parmi leurs préoccupations, les élèves décrocheurs, avec lesquels le contact n’a pas été renoué malgré la perspective de cette reprise. « Là, on organise la rentrée, mais dès la semaine prochaine il va falloir aller les récupérer, estime le recteur William Marois. Nous nous déplacerons chez les familles s’il le faut. Certaines ont aussi besoin d’être rassurées sur le fait que nous avons mis en place un protocole sanitaire sérieux. » A la fin du mois de mai, le gouvernement devrait se prononcer sur la reprise, ou non, des élèves de 3e, 4e et des lycéens.