Coronavirus en Moselle : Les pompiers barbus ou moustachus réautorisés à travailler

POILS RECALCITRANTS Si les pompiers moustachus et barbus ont été réintégrés par la décision du tribunal de Strasbourg, ça ressemble à une victoire à la Pyrrhus. Car le Sdis de Moselle n’enverra pas ces pompiers en intervention dans des camions

F.H. avec AFP
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Des pompiers. (Illustration)
Des pompiers. (Illustration) — Gilles Varela

Les masques FFP2 inefficaces en présence de poils sur le visage ? C’est ce qui était écrit dans une note du 16 mars du service d’incendie et de secours de Moselle (Sdis 57). De fait, des pompiers qui portaient la barbe ou la moustache avaient été renvoyés chez eux, faute de pouvoir porter correctement les masques de protection contre le coronavirus.

Lundi, le tribunal administratif de Strasbourg a demandé la réintégration des pompiers moustachus et barbus mosellans. Deux soldats du feu ont obtenu en référé la suspension de cette décision qui leur interdisait d’intervenir s’ils n’étaient pas rasés de près. Certains s’étaient pliés à l’injonction de se raser, d’autres avaient refusé. Au total, 25 pompiers de Metz, réfractaires à passer un coup de rasoir, avaient été suspendus et sommés de rentrer chez eux.

« Le tribunal a estimé qu’il y avait une urgence à les réintégrer et a émis un doute sérieux » sur leur placement en autorisation spéciale d’absence, a ajouté la source proche du dossier.

Le Sdis appliquera la décision de justice mais ne cède pas

Selon le Colonel Vallier, à la tête du Sdis 57, la décision de justice sera appliquée et il a été « signifié aux agents qu’ils allaient revenir ». Mais s’ils font le choix de conserver leur barbe, le Sdis 57 continuera d’appliquer « le principe de précaution » et adaptera leurs missions, a-t-il prévenu, interrogé par l’AFP. « Ils seront en sécurité, ne seront pas exposés » à des victimes porteuses du virus et ne partiront pas en intervention dans des camions, en milieux confinés, a détaillé le Colonel Vallier, expliquant qu’ils « prépareront par exemple les opérations pour leurs collègues ». « Le tribunal n’a pas statué sur le port de la barbe » proprement dit, a-t-il fait valoir.

Outre la saisine du tribunal administratif, des plaintes pour « discrimination » en raison de l’apparence physique avaient également été déposées.