Belfort : Le maire suspend les patrouilles menées avec la police nationale

POLÉMIQUE Jugeant « disproportionnée » la garde à vue de deux policiers municipaux, poursuivis pour « faux en écriture publique », Damien Meslot a suspendu certaines actions de coopération avec les policiers nationaux

C.Mo. avec AFP
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Damien Meslot, maire (LR) de Belfort (archives).
Damien Meslot, maire (LR) de Belfort (archives). — SEBASTIEN BOZON / AFP

Le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, a suspendu certaines actions de coopération avec la police nationale, après la mise en garde à vue de deux agents de police municipale.

Début mai, les deux agents de la police municipale de Belfort ont été entendus en garde à vue par la police nationale dans le cadre d’une enquête pour « faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité publique », diligentée par le procureur de la République de Belfort, Eric Plantier. Ils sont ressortis libres et le dossier a été dépaysé près le parquet du tribunal de Besançon, qui a ouvert une information judiciaire pour le même motif.

Au départ, une interpellation

« Lors de leurs auditions, les agents sont restés très laconiques. Je souhaite qu’ils soient entendus par une juge d’instruction », a indiqué à l’AFP le procureur de Besançon, Etienne Manteaux, soulignant l’importance de l’exactitude des procès-verbaux pour une enquête judiciaire.

Cette enquête fait suite à l’interpellation d’un conducteur de scooter menée le 17 avril par ces deux agents municipaux. Dans leur rapport, ils ont indiqué que l’homme s’était livré à une transaction douteuse avant de s’enfuir et de les percuter à deux reprises alors qu’ils lui demandaient de s’arrêter, ont précisé les magistrats.

La vidéosurveillance montrerait une autre version

Entendu par la police nationale, l’interpellé a réfuté ces accusations. Les enregistrements de vidéosurveillance de la ville ont montré « une discordance flagrante » entre le déroulement de la scène et la version des deux agents de police municipale, selon M. Plantier.

Sur ces images, « on ne voit pas de crime ou de délit commis par le conducteur du scooter », mais « on voit qu’un agent municipal percute le scooter avec son vélo et va au contact du conducteur », a noté M. Manteaux.

Une garde à vue « disproportionnée » pour le maire

Dans un courrier adressé au directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de Belfort, que l’AFP a pu consulter jeudi, M. Meslot annonce sa décision de suspendre « pour une durée indéterminée » les actions de coopération opérationnelle entre la police municipale et la police nationale telles que « les opérations coordonnées de sécurité publique, les patrouilles communes ou encore le renfort apporté par les policiers municipaux » sur certaines opérations de la police nationale.

« La garde à vue des deux policiers municipaux est disproportionnée. C’est quelque chose d’extrêmement rare pour des faits qui relèvent de l’anecdote », a estimé auprès de l’AFP Damien Meslot (LR).

Sur Twitter, la liste d’opposition 2020 en commun à Belfort, soutenue par EELV et LFI, a dénoncé une décision « d’une gravité exceptionnelle ».