Déconfinement : Une deuxième vague d'écoliers de retour à l'école ce jeudi

DECONFINEMENT D’ici vendredi, au total quelque 1,5 million d’écoliers auront retrouvé leurs classes, avant le tour des premiers collégiens des zones vertes lundi

20 Minutes avec AFP

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Une écolière et sa mère traversent la rue à Crépy-en-Valois (Oise), le 12 mai 2020.
Une écolière et sa mère traversent la rue à Crépy-en-Valois (Oise), le 12 mai 2020. — AFP

Une deuxième vague d’écoliers reprend jeudi le chemin de l’école, notamment en Ile-de-France, région très touchée par l’épidémie de coronavirus, au quatrième jour de déconfinement dans le pays, où l’activité reprend timidement.

« J’ai trop hâte, je suis trop contente de "re-aller" à l’école, pour retrouver mes amies et ma maîtresse. Et aussi parce que je m’ennuie un peu à la maison », confie Zoé, six ans, qui doit retourner sur les bancs de sa classe de CP jeudi matin à Vincennes. Mais elle n’y retrouvera qu’une poignée de ses camarades, puisque la rentrée se fait partout par petits groupes, comme pour la première vague mardi.

Et surtout elle va devoir se familiariser avec le protocole sanitaire très strict imposé dans les écoles : lavages de mains réguliers, récréations très encadrées, sens de circulation dans les couloirs. Des nouvelles règles instaurées dans les établissements scolaires afin d’éviter toute nouvelle flambée de l’épidémie, qui a fait plus de 27.000 morts en France selon le bilan officiel publié mercredi soir.

« Une bouffée d’air » pour des enfants en situation très difficile

D’ici vendredi, au total quelque 1,5 million d’écoliers auront retrouvé les bancs de l’école avant que ce soit le tour des premiers collégiens des zones vertes lundi. « Les enseignants sont inquiets, les parents aussi en raison du niveau de l’épidémie à Paris », explique Elisabeth Kutas, secrétaire départementale du SNUipp-FSU 75, premier syndicat du primaire.

A Paris, 601 écoles publiques vont rouvrir sur 652, soit 92 % pour accueillir en premier lieu les enfants jugés prioritaires et dont les parents le souhaitent. « L’école qu’on va faire là n’est pas l’école telle qu’on la connaît », poursuit Elisabeth Kutas, mais « pour des enfants qui sont dans une situation très difficile ça peut permettre une bouffée d’air ».

« Mon fils redoublera, tant pis, la santé d’abord ! »

Le risque est grand néanmoins que nombre d’enfants en difficulté scolaire ne retrouvent pas les bancs de leur école. « Mon fils redoublera, tant pis, la santé d’abord ! ». A la veille de la réouverture de l’école de son enfant à Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la décision de Soumia est mûrement réfléchie, « il ne retournera pas à l’école jusqu’en septembre même s’il a des difficultés ».

Ce choix n’est pas un cas isolé dans les quartiers populaires, constatent élus et enseignants. « Les inscriptions d’enfants sont plus nombreuses dans les quartiers favorisés que dans les quartiers défavorisés de la ville », assure ainsi la maire de Colombes (Hauts-de-Seine) Nicole Goueta.