Déconfinement à Montpellier : Comment les écoles s'adaptent à la menace du coronavirus

REOUVERTURE DES ECOLES A Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, un tiers des élèves a repris le chemin de l’école primaire. Avec des mesures extrêmement strictes pour le respect des gestes barrières

Jérôme Diesnis

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Coronavirus : Comment les écoles se sont adaptées — 20 Minutes
  • De nombreuses écoles ont rouvert leurs portes mardi à l’occasion du déconfinement. A l’image de l’école primaire Mario Roustan de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, fermée depuis le 11 mars, une semaine avant le confinement.
  • Un tiers des enfants y ont fait leur retour. Distanciation, gestes barrières, limitation des élèves par classe, nettoyage des mains, sens de circulation… Des mesures strictes ont été prises fin de limiter les risques de contamination.
  • La quasi-totalité des enseignants étaient présents pour cette rentrée. « Le plus difficile sera de gérer les élèves présents et ceux à la maison qui eux aussi nous demandent de l’aide par mail ou téléphone », s’inquiète l’une d’entre eux, néanmoins « très heureuse de les retrouver ».

« Ca a changé l’école ! », s’exclame une élève de CM1 de l’école primaire Mario Roustan. 135 élèves des 447 élèves de cet établissement de Castelnau-le-Lez, dans la métropole de Montpellier, ont effectué leur rentrée mardi, au second jour du déconfinement. Deux mois presque jour pour jour après l’avoir quitté. Le 11 mars, le préfet avait ordonné en urgence la fermeture des écoles de plusieurs communes limitrophes à la ville du Crès, après la découverte d’un foyer de contamination au coronavirus. Une semaine plus tard, toutes les écoles de France fermaient leurs portes.

Le fonctionnement interne a effectivement été complètement revu. « Les horaires d’entrée ont été échelonnés de 8h50 à 9h10, explique le directeur Régis Jouve. Notre objectif est de limiter au maximum les croisements et les risques de contamination. » Les classes ont été divisées, à raison de 11 élèves en moyenne dans chacune d’elle. Seuls trois enseignants, sur seize, n’ont pu assurer la rentrée.

Cour d'école divisée en quatre, accès à l'établissement multipliés par quatre

La cour de récréation est également divisée en quatre et les accès à l’école multipliés, eux, par quatre. Séparation d’un mètre entre enfant dans la cour, dans les couloirs, dans les classes, sens de circulation imposé, mise en place de protocoles stricts... « Cette organisation est très difficile à mettre en place car complètement nouvelle. Je l’appréhende plus pour les enfants que pour moi, car je ne sais pas comment ils vont vivre tout ça, s'inquiète Myriam Bes, une enseignante. Mais je suis contente de les retrouver. »

Dans les classes, le passage par le lavage des mains est obligatoire. En revanche, la température n’est pas prise à l’entrée de l’établissement. « Mais nous avons thermomètre à disposition dans chaque classe, que nous utilisons au moindre doute », souligne Régis Jouve. Le maire Frédéric Lafforgue (LR) explique avoir été démarché pour des thermomètres collectifs. « Vu le coût, on y réfléchit à deux fois. On verra quelle sera la situation sanitaire à la rentrée de septembre », explique-t-il.

«Essentiel de reprendre pour les enfants déscolarisés»

En France, de nombreux édiles étaient très réticents à rouvrir les écoles. Notamment Philippe Saurel (DVG), à Montpellier, inquiet de la situation sanitaire, qui aurait préféré laisser les établissements fermés jusqu’en septembre. Douze établissements, trop vétustes pour la mise en place des gestes barrières, sont restés fermés dans la septième ville de France. A Nîmes, les enfants reprennent ce jeudi. Ailleurs, dans le Gard ou l’Hérault, certaines écoles sont restées closes.

A Castelnau-le-Lez, le maire ne s’est pas posé longtemps la question. « Il était essentiel de reprendre. Pour les enfants déscolarisés, ceux dont les parents ont repris leur activité professionnelle, pour le lien social. Et pour anticiper la rentrée de septembre. Car on ne sait pas quelle sera la configuration à ce moment-là, souligne Frédéric Lafforgue. On peut tester notre process sur cette période de mai et juin, avec une montée en puissance. C’est de la haute couture : école par école, classe par classe, tout le monde adapte la mise en place du respect des gestes barrières et sanitaires ».

«Rassurer les parents, les enseignants, le personnel municipal et les enfants»

Il a fallu faire des choix. La garderie du matin et du soir est pour le moment suspendue, la cantine également. Les enfants doivent amener leur repas froid pour le midi. Une centaine d’agents communaux des différents services sont déployés dans les établissements de la ville. Des animateurs ont été embauchés. « Cette réorganisation a un coût financier pour la commune bien sûr, mais ce n’est pas le plus important, reprend le maire. On a mis tous les moyens pour que cette rentrée se passe dans les meilleures conditions possibles. A la fois pour rassurer les parents, les enseignants, le personnel municipal et les enfants. »

D’autres parents ont fait part de leur souhait « de ne rentrer que début juin, à la fin de leur période de chômage partiel. Certains ressentent aussi le besoin de voir comment les choses vont se passer en mai », souligne Régis Jouve. Sans doute faudra-t-il alors revoir ce fonctionnement avec le retour d’une centaine d’élèves. « On ne pourra pas intégrer 21 enfants par classe avec les obligations de distanciation. Certains élèves continueront à suivre de cours à distance ». Un casse-tête pour les enseignants. « Le plus difficile sera de gérer les élèves présents et ceux à la maison qui eux aussi nous demandent de l’aide par mail ou téléphone. Lundi soir, la veille de l’ouverture, j’ai envoyé mon dernier mail aux parents à minuit… »