Coronavirus en Bretagne : Le trafic de drogue « s’est écroulé » pendant le confinement

DÉLINQUANCE Les chiffres de la délinquance ont baissé de 60 à 70 % dans la région

J.G. avec AFP

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Illustration d'un fumeur de cannabis dans un hall d'immeuble à Nantes.
Illustration d'un fumeur de cannabis dans un hall d'immeuble à Nantes. — FABRICE ELSNER/20 MINUTES

Sale temps pour les dealers. Pendant le confinement, le trafic des stupéfiants « s’est écroulé » en Bretagne, selon Jean-François Thony, procureur général près la cour d’appel de Rennes. Cela s’explique par le tarissement des filières d’approvisionnement, conséquence de la fermeture des frontières et des liaisons aériennes, « notamment la cocaïne qui arrive d’Amérique du Sud avec les mules guyanaises » mais également le cannabis qui arrive par voie routière du Maroc ou les drogues qui viennent des Pays-Bas.

« Une fois que les stocks des trafiquants étaient épuisés, ils se sont retrouvés en difficulté et les prix se sont envolés », a estimé mardi Jean-François Thony à l’occasion d’une conférence de presse, chiffrant la hausse du prix du cannabis « de 30 à 60 % ». Le procureur général craint désormais un regain de délinquance du fait de la chute de l’offre et de la difficulté d’approvisionnement. « Il est évident qu’il va y avoir un effet rebond, qui ne sera pas forcément aussi important qu’on peut l’imaginer, mais il y a des effets de manque, on le voit en détention », a-t-il indiqué.

Pas de flambée des violences intrafamiliales

Tous les faits de délinquance ont par ailleurs été sensiblement en baisse durant le confinement en Bretagne. « Il y a une très forte baisse de la délinquance dans tous les domaines, que cela soit les atteintes aux biens (vols, cambriolages…) ou la délinquance routière », a souligné Jean-François Thony, chiffrant cette baisse entre « 60 et 70 % » selon les départements.

Concernant les violences intrafamiliales, le procureur général a estimé qu’il n’y a pas eu la flambée que certains redoutaient. « Cela n’a pas été aussi dramatique en Bretagne. La mobilisation de la police, de la gendarmerie a été totale, tout comme des parquets : à chaque fois qu’une personne était interpellée pour des violences conjugales, il était immédiatement déféré et ça a pu contenir cette délinquance » a-t-il assuré.