Coronavirus : Macron réunit les ministres pour un premier point d'étape post-déconfinement

CORONAVIRUS Ce premier Conseil des ministres depuis le déconfinement sera entièrement consacré à l’épidémie, alors que les décès repartent à la hausse

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron lors d'une vidéoconférence à l'Elysée, le 6 mai 2020.
Emmanuel Macron lors d'une vidéoconférence à l'Elysée, le 6 mai 2020. — Ludovic Marin/AP/SIPA

Emmanuel Macron préside mercredi le premier Conseil des ministres depuis le déconfinement, exercice très délicat dans lequel l’exécutif joue gros face aux craintes de nouvelle vague de l’épidémie de coronavirus.

Le troisième jour de la lente remise en route du pays commence lesté par un bilan à nouveau en hausse : 348 décès enregistrés en vingt-quatre heures mardi soir, portant à au moins 26.991 morts depuis le 1er mars le bilan d’une épidémie « toujours active » en France. La pression sur les services d’urgence continue cependant de s’alléger régulièrement avec 2.543 patients en réanimation, soit 170 de moins que la veille, selon la Direction générale de la Santé. Au plus fort de l’épidémie, le 8 avril, les services de réanimation accueillaient 7.148 cas graves.

Difficile adaptation du déconfinement aux réalités locales

A l’Elysée, le président et son gouvernement vont adopter, lors d’un Conseil des ministres entièrement consacré à l’épidémie, une longue série de projets de loi habilitant les dizaines d’ordonnances prises dans l’urgence dans de nombreux domaines, de l’économie à la justice en passant par l’éducation et le travail.

Le ministre de la Santé Olivier Véran fera en fin de Conseil une communication sur l’état de l’épidémie en France, tandis que le Premier ministre Edouard Philippe doit évoquer, selon l’ordre du jour, « la reconnaissance de la nation à l’égard de ceux qui se sont dévoués lors de l’épidémie de Covid-19 ».

Dans la matinée également, les sénateurs de la commission des Lois doivent entendre les représentants de l’Assemblée des départements de France, de Régions de France et de l’Association des maires de France, au moment où, partout sur le territoire, les élus s’évertuent à adapter le déconfinement à leurs réalités locales. A chacun sa spécificité, des plages pour les communes du littoral aux usines pour les villes industrielles, en passant par les parcs et jardins, comme à Paris où la maire PS Anne Hidalgo réclame, pour l’instant en vain, leur réouverture.

Inquiétudes des enseignants et des familles

Enjeu majeur, des milliers d’écoles ont commencé timidement à rouvrir leurs portes partout mardi, en se pliant à un protocole sanitaire inédit, sur fond d’inquiétudes toujours fortes quant à la circulation du virus. Au cœur d’un ouest de la France pourtant entièrement classé « vert », onze personnes ont ainsi été testées positives au Covid-19 parmi les quelque 700 salariés d’une entreprise de l’agroalimentaire en Vendée. Et quarante-six autres l’ont été depuis le 1er mai au sein du centre hospitalier de Lannion (Côtes-d’Armor).

Dans les écoles maternelles et élémentaires, face aux inquiétudes des enseignants et des familles, les règles d’accueil ont été complètement chamboulées, avec port du masque obligatoire pour les enseignants et respect, autant que possible, des gestes barrière. Ardent défenseur de cette réouverture limitée et encadrée, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a salué une « amorce » qui doit permettre de relancer la machine avant la réouverture de certains collèges la semaine prochaine.

Pour tenter d’apaiser les esprits, l’exécutif a laissé aux parents le choix de ramener ou non leurs enfants à l’école lors de cette rentrée très particulière, qui s’échelonnera tout au long de la semaine, dont jeudi à Paris, et concernera potentiellement 1,5 million d’élèves. Pas de quoi rassurer les syndicats qui ont dénoncé une décision « prématurée » et rappelé que le conseil scientifique chargé d’éclairer le gouvernement s’était lui-même prononcé pour la fermeture des établissements jusqu’en septembre.