Coronavirus en Vendée : Que sait-on du nouveau regroupement de cas au sein d'une même usine ?

EPIDEMIE Onze cas de coronavirus ont été identifiés après une opération massive de dépistage réalisée dans une entreprise vendéenne

Julie Urbach

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A l'hôpital de Pau, un infirmier réalise le dépistage du Covid-19 en tenue de protection.
A l'hôpital de Pau, un infirmier réalise le dépistage du Covid-19 en tenue de protection. — Quentin Top/SIPA
  • Au total, 675 tests ont été pratiqués en deux jours dans une usine d’abattage de volailles.
  • Onze salariés ont été détectés positifs, mais il n’y aurait « aucune chaîne de contamination au sein même de l’entreprise », rassure l’ARS.

Depuis ce week-end, une entreprise vendéenne est suivie de près par les autorités sanitaires. Samedi, cinq cas de coronavirus ont été identifiés parmi les salariés de l’usine Arrivé (Maître Coq), située aux Essarts-en-Bocage. A l’issue de la campagne de dépistage, qui s’est achevée lundi, six nouvelles personnes ont été testées positives. Des résultats « plutôt rassurants » estime ce mardi l’Agence régionale de santé.

Pourquoi cette opération de dépistage a-t-elle été lancée ?

Au total, 675 tests ont été réalisés en deux jours par un laboratoire, directement au sein de l’entreprise agroalimentaire. Une « action massive » et « inédite » décidée par l’ARS après que neuf cas s’y sont successivement déclarés, depuis le 1er avril. « Il y a notamment eu deux cas consécutifs ces derniers temps, indique le docteur Thierry Le Guen, responsable de la veille à la sécurité sanitaire de l’ARS. C’est ce qui nous a poussées à nous demander s’il existait un risque de contamination dans l’entreprise. » Selon le groupe Arrivé, 100 % des salariés se sont portés volontaires.

Quels sont les résultats ?

A l’issue de cette série de tests, onze malades (en plus des neuf premiers) ont donc été identifiés. « Il s’agit d’un regroupement de cas mais à ce stade, aucune chaîne de transmission au sein de l’entreprise n’a été établie », indique l’ARS. En d’autres termes, ces salariés ont pu chacun avoir été contaminés à l’extérieur de leur lieu de travail. « Une enquête épidémiologique doit confirmer cette hypothèse, mais à ce stade nous sommes plutôt rassurés, estime Thierry Le Guen. En observant les cinq premiers cas, on s’est par exemple aperçu qu’ils sont dans des vestiaires différents. » Tous les patients, la plupart asymptomatiques, ont été mis à l’isolement. Les cas contacts sont en cours d’identification et seront à leur tour testés.

Quelles mesures au sein de l’entreprise ?

L’entreprise d’abattage et de conditionnement de volaille n’a pas stoppé son activité, qui n’a d’ailleurs pas cessé non plus pendant le confinement. « Les mesures sanitaires avaient déjà été renforcées, avec la distanciation sociale et l’installation de plexiglas entre les postes de travail », indique Christophe Guyony, le directeur général. Une nouvelle désinfection a eu lieu et une réflexion est en cours sur la façon d’améliorer encore les choses. « Un local pourrait être aménagé en nouveau vestiaire pour augmenter encore davantage l’espace. » L’entreprise assure que les consommateurs n’ont pas à s’inquiéter.