Déconfinement à Lyon : « Les rames de métro sont quasiment désertes, c’est rassurant », constatent les usagers des TCL

REPORTAGE « 20 Minutes » s’est rendu dans les transports en commun de Lyon ce lundi matin à l’heure du déconfinement

Caroline Girardon

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Les rames de métro à Lyon sont loin d'être bondées au premier jour du déconfinement.
Les rames de métro à Lyon sont loin d'être bondées au premier jour du déconfinement. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Les transports en commun lyonnais ont intensifié leurs services ce lundi matin au premier jour du déconfinement.
  • Il n’y a pas eu de cohue sur les quais des métros.
  • La plupart des voyageurs étaient déjà informés de l’obligation de porter un masque sur le réseau.

« Avant, j’avais mon bus ; un bus entier pour moi tout seul… » A l’heure de rejoindre son lieu de travail, Mathieu plaisante. N’allez pas croire qu’il y avait foule lundi matin dans les transports en commun lyonnais pour le premier jour du déconfinement. Bien au contraire. Sept personnes en tout dans la ligne de bus C20 reliant les hauteurs du 5ème arrondissement de Lyon à la presqu’île. D’ordinaire, lorsque 8 heures sonnent, les sièges manquent et les voyageurs sont obligés tant bien que mal de s’entasser dans les allées ou de se tenir solidement agrippés aux barres.

« Au début du confinement, j’étais vraiment tout seul dans le bus, poursuit Mathieu, jeune médecin. Depuis une quinzaine de jours, on est cinq ou six. Autant que ce [lundi] matin ». Et de constater : « Il n’y a pas vraiment de différence si ce n’est que les gens sont masqués ». Lui a fait le choix de se rendre quotidiennement au travail en transports en commun, préférant laisser sa voiture dans son garage. Et depuis toujours. L’apparition du coronavirus ne l’a pas fait changer d’avis.

Bellecour, une place encore déserte

« Je n’ai aucune inquiétude quand je prends les transports, d’autant qu’ils sont désinfectés et qu’il n’y a personne en ce moment. Je côtoie bien plus le danger à l’hôpital quand je suis à moins d’un mètre de mes patients », sourit-il, derrière son masque.

Quelques minutes plus tard, le bus arrive à destination de la place Bellecour que rien ne semble devoir perturber. Les enseignes des principaux magasins sont encore fermées. Les pigeons, roucoulant paisiblement près des flaques d’eau, ne prêtent guère attention aux quelques rares travailleurs pressés. Sur le quai du métro de la ligne A, Asma, 30 ans, réajuste son masque en attendant que la prochaine rame arrive. La jeune femme s’apprête à reprendre son travail après deux mois d’inactivité.

« Les rames de métro sont quasiment désertes. Cela me rassure »

« Je ne suis pas sortie pendant 8 semaines quasiment alors, oui, j’avais une petite inquiétude à l’idée de reprendre les transports en commun. Je m’attendais à voir du monde mais les rames sont quasiment désertes, explique-t-elle. Cela me rassure ». Anaëlle, 25 ans, avoue n’avoir eu aucune appréhension. « Je ne me suis même pas posée la question. J’ai un rendez-vous à 9h ce matin. La solution la plus rapide pour y parvenir était de prendre le métro », explique l’étudiante en médecine. Et de soulever : « En plus, il n’y a quasiment personnes. Cela change vraiment de d’habitude. A cette heure-là, normalement, on est tous entassé ».

Rose Hakkar, agent Médialys, qui déambule dans les allées de la station de métro, confirme la tendance : « C’est vrai que c’est très calme ». En poste depuis 6h50, elle veille à ce que les voyageurs portent bien leurs masques, désormais obligatoires dans les TCL. Elle leur rappelle également les distances de sécurité à respecter. « Il y a toujours des rebelles, glisse-t-elle malicieusement. Il y a un ton et une façon de faire les choses mais dans l’ensemble, les voyageurs jouent le jeu. Et les 3/4 portent déjà des masques ».

« La plupart des voyageurs ont un masque »

Ce qui n’est pas le cas de cette étudiante, interpellée poliment avant qu’elle ne grimpe dans la rame de métro. La jeune femme bafouille, s’excuse, fait mine de ne pas savoir. « Ce n’est pas grave. En revanche, vous avez la possibilité de récupérer gratuitement un masque à l’entrée de la station », lui conseille Rose, désignant les deux bénévoles, chargés de la distribution. « Merci », lance tout sourire l’étudiante en partant dans leur direction.

Fabrice et Alexandra, salariés de Keolis (l’exploitant du réseau TCL) se sont portés volontaires pour assurer la distribution auprès des voyageurs depuis 6h30 ce lundi matin. « Notre mission est avant tout de faire de la pédagogie, de rassurer les gens, de leur expliquer que d’ici quelques jours, il y aura, en revanche, des contrôles sur le réseau », répondent-ils à l’unisson. Mais force est de constater qu’ils ont finalement peu d’interventions à effectuer. « La plupart des voyageurs ont déjà un masque, confirme Alexandra. Au fond, c’est rassurant de voir que le message est passé ».