Déconfinement à Marseille : La mairie dépiste ses agents municipaux, l’ARS « cautionne »

DEPISTAGE La mairie de Marseille a décidé de dépister tous les agents municipaux des écoles en vue du déconfinement, malgré les consignes du gouvernement de ne dépister que les personnes avec des symptômes

Adrien Max
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Une queue d'attente pour se faire dépister à l'IHU de Marseille
Une queue d'attente pour se faire dépister à l'IHU de Marseille — FREDERIC MUNSCH/SIPA
  • La ville de Marseille propose un dépistage à tous les agents municipaux restés en poste jusqu’à présent, mais les syndicats regrettent des temps d’attente de trois heures, qui génèrent du stress.
  • Environ le tiers des personnes en poste ont accepté de se faire dépister, soit 560 dépistages, pour aucun test positif.
  • L’Agence régionale de santé de Paca explique ne pas avoir été prévenue, mais peut « cautionner » ce genre de dépistage exceptionnel.

Un dépistage des personnes restées en poste, pas encore de ceux qui reviendront à partir du déconfinement. La ville de Marseille a décidé de dépister tous les agents municipaux qui sont restés en poste jusqu’à présent, sur la base du volontariat. Ce même dépistage du  Covid-19 sera également proposé aux personnes qui reviendront travailler à partir du début du déconfinement. C’est à l’IHU du professeur  Didier Raoult​ que les dépistages ont lieu depuis une dizaine de jours maintenant, qui a toujours prôné la stratégie de « dépister, isoler, et traiter ».

La ville de Béziers, dans l’Hérault, a choisi la même stratégie. Mais l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie s’est opposée à ce dépistage, rappelant que la stratégie nationale était de dépister les personnes avec des symptômes, et leur entourage.

« Une bonne chose », mais hors de la stratégie nationale

L’ARS Paca se conforme, elle aussi, à la stratégie nationale, les personnes présentant des symptômes seront encouragées à se faire dépister, ainsi que les personnes contacts. « Nous n’avons pas été informés du dépistage réalisé par la ville de Marseille, mais s’il est exceptionnel et concerne des personnes au contact de publics fragiles alors nous pouvons le cautionner », fait savoir l’ARS à 20 Minutes. Selon la mairie, sur les 1.700 agents qui ont continué à travailler, 33 % ont accepté de se faire dépister soit 560 agents, pour aucun test positif.

Pour Patrick Rué, secrétaire général Force ouvrière des agents territoriaux de la ville de Marseille, ce dépistage est une bonne chose. « Il arrive un peu tard, nous le réclamions depuis la fin du mois de mars, mais mieux vaut tard que jamais. C’est une bonne chose. Il y a quand même le risque de ne pas pouvoir tester tout le monde d’ici la rentrée, donc c’est fait dans l’urgence, avec tout le stress que ça génère, et qui se rajoute à celui provoqué par l’urgence dans laquelle on travaille pour accueillir les élèves mardi », constate-t-il.

Beaucoup d’attente

Françoise Risterucci, de la CGT des agents territoriaux de la ville de Marseille ne s’est pas fait dépister. « On m’a demandé si je voulais me faire dépister, et j’ai refusé parce que beaucoup de collègues m’ont dit que c’était très long, près de trois heures d’attente. Nous ne sommes pas publics prioritaires, donc nous attendons comme tout le monde », explique-t-elle.

Ce que regrette Patrick Rué : « Nous avions demandé que les dépistages soient organisés dans des locaux de la ville, pour que ce soit plus rapide. Là, c’est vrai que c’est très long donc certains agents sont réticents à le faire. » Mais selon lui, tous les volontaires devraient être dépistés à temps. Resteront ceux qui reviennent au travail à partir de la semaine prochaine, début du déconfinement et de la rentrée scolaire oblige.